Words Of Nostradameus n'est pas un prologue au
Nostradamus de
Judas Priest. Il ne s'agit non plus pas d'un concept album même si cela tourne autour du Français ce qui devenait déjà un sujet éculé à cette époque, mais passons ce détail. Non, Words Of Nostradameus est le premier album du groupe
Nostradameus, combo de Göteborg qui n'a pas écouté les sirènes du death mélodique pour en suivre d'autres, celles de ce que l'on avait nommé le mouvement "true metal", comprenez un heavy/speed metal à la teutonne,
Helloween et
Gamma Ray en tête.
C'était l'époque ou les
Edguy,
Sonata Arctica et autres
Persuader émergeaient, où le monde du metal vivait entre le neo, le black et ce retour nostalgique d'une forme de heavy qui prêtait à sourire et qui vivait une nouvelle jeunesse. Les jeunes loups ne révolutionnaient pas le style et bon nombre louchait dangereusement vers les
Keeper Of The Seven Keys des Citrouilles. Nostradameus ne s'impose pas d'emblée, mais il propose un premier album qui sera remarqué à cette époque.
Ce qui marque d'entrée de jeu, c'est le souffle épique qui semble animer les suédois. Ce n'est qu'une introduction, on ne peut pas juger là-dessus, pourtant,
The Vision donne envie de sourire. Pas pour se moquer, mais parce que mine de rien, ça fait du bien. C'est sans prétention, ça passe tout seul avec un petit côté bourrin pas déplaisant. Sans que le talent de composition soit probant, on a droit à une petite collection d'hymnes carrés, rapides et efficaces, fortement influencé par les compatriotes de
Hammerfall. On s'en rend rapidement compte sur certains titres comme
Nightmare Prophecy ou encore la jolie ballade
Without Your Love. Il n'est donc pas étonnant d'entendre la voix aiguë de
Joacims Cans se mêler à celle plus grave mais agréable de
Freddy Persson sur
One Far All, All For One qui ressemble bel et bien à une chute de marteau.
Pour résumer, on peut dire que Nostradameus n'a pas inventé l'eau chaude, encore moins le fil à couper le beurre et qu'il se contente de reprendre des recettes déjà toutes prêtes sans trop les accommoder de peur de brusquer les palais les plus délicats. Mais son heavy metal n'en demeure pas moins sympathique sur cette galette, on se surprend souvent à taper du pied en rythme même si l'on aurait peut-être apprécié plus de personnalité, une critique qui ne s'applique pas qu'à ces Suédois. Words Of Nostradameus n'en demeure pas moins un premier album correct et plutôt efficace pour les amateurs du genre, qui ne casse pas trois pattes à un canard irradié, mais qui ne démérite pas et qui avait su séduire à sa sortie, confronté à une concurrence des plus féroces. La suite, malheureusement, ne sera pas à la hauteur.