Le second album est souvent une étape décisive dans l’histoire d’un groupe. Il peut-être sujet à des déceptions, des désillusions ou des confirmations. Second album après le premier essai riche en idées qu’était
Engraved in memory,
Mind over matter va faire parler de lui que ce soit dans les fans ou dans les nouveaux adhèrents ; car adhèrents il y aura mais aussi réfractaires. Le ton est donné : cet album peut diviser.
Comment commencer cette chronique sans penser à ce que m’a dit un grand ami lors d’un débat à l’écoute de ce CD ? Ce dernier m’avait en effet donner son impression quant à la ressemblance que contenait ce nouveau Mistaken avec les autres groupes de la Klonosphère. Ressemblance, c’est de moi et c’est trop, je dirais plutôt influence. Attention,
Mistaken element garde son style, cette sorte de Power métal à la
Pantera moderne, évolué, riche en ambiances et à la voix diablement puissante ou mélodieuse. Non, quand mon ami parlait de « ressemblance » ou « d’influence » c’était dans le sens : « On dirait du
Hacride là. » Et il a pas tort le bougre…
Mind over matter c’est un album avant tout puissant, un paf dans ta face comme je le dis d’ordinaire. Que ce soit avec le premier morceau de l’album : « Lost » ou encore « Mind over matter » en passant par « Save me » ou le très groovy « The chosen one » (qui a dit
Trepalium ?), le groupe envoie la purée. La musique est à l’image du premier album : un power métal à la
Pantera très moderne et à ambiances. Moins présentes que dans le premier skeud, ces dernières permettent de poser l’auditeur après ces décharges de puissance que sont les titres du CD.
Vous l’avez compris, cet album est puissant, c’est le terme. Preuve en est de ces 4 premiers morceaux qui s’imposent par leur brutalité. Attention, c’est pas du
Deicide, mais c’est tout de même violent et quand je dis violent c’est que ça prend aussi la tête. L’album parle de l’esprit et bien on dirait qu’ils ont voulu jouer avec le nôtre. La rythmique est torturée, dansante, groovy, chaotique. On se croirait par moment dans du
Hacride (comme dans « Save me »).
Mistaken element sait néanmoins couper ses morceaux d’arpèges apaisants qui ne durent souvent pas longtemps. Mention spéciale à l’excellent « My chapter ends » qui illustre parfaitement ce que je viens de dire : un mélange de passages posés et de violence maîtrisé où l’on décéle du
Meshuggah, influence déjà présente dans
Engraved in memory.
Au final, ce nouvel album de
Mistaken element suscitera débat. La faute à une homogénéité trop poussée. En effet, on a parfois l’impression d’entendre le même riff, la même mélodie. La faute aussi au trop peu d’ambiances ou de passages doux présents par rapport à leur premier effort. Si on peut noter le magnifique « No sound disturbs the silence » comme un morceau calme, c’est bien le seul. Et à l’intérieur même des titres, trop peu de choses sont faites pour aérer l’album, compact, trop dense. Cependant, les qualités ne manquent pas également : la production est tout d’abord énormissime, le chant de Yann Ligner est excellent comme d’accoutumée. La musique en elle-même est aussi excellente mais c’est le rassemblement, la suite de ces morceaux à l’écoute qui fait perdre de son éclat à l’album. Plus de forme, moins de fond, telle pourrait être la conclusion de ce nouveau
Mistaken element qui confirme tout de même le potentiel du combo.