Le neo n'est pas mort, il bande encore. Autant le dire tout de suite, en écoutant cet album, une impression de déjà-vu s'accroche aux cages à miel de l'auditeur. On se croirait revenu entre 2002 et 2006, aux grandes heures du neo metal, et français particulièrement. La première chanson, Tell Me, rappelle beaucoup
Lofofora. Et sur East West, on croirait entendre
Eths... Ah ouais, mais normal, ya Candice qui chante !
Et pas qu'elle, on trouve aussi des mecs de Tripod, Babylon Pression, Sikh... Que du beau monde ! Pour tout dire, on ignorait presque ce qu'ils faisaient. Etaient-ils morts quand on s'était mis de Enhancer à Alceste ? Ou quand Jonathan Davis est devenu vraiment mou du genou ?
Là n'est pas la question. Car, vraiment, musicalement, Dirty Shirt se défend plutôt bien. En jouant dans un registre passé de mode, ils se débrouillent très bien. Feel It, par exemple, se paie le luxe d'un riff d'enfer, qui secouera plus d'une tête. Et les ambiances sont vraiment travaillées. Pitbull et New Millenium, à cet égard, sont assez riches... On sent le passé prog du groupe.
Mais vraiment, ce qui surprendra, c'est la petite touche "folklorique" du groupe. Deux des chansons de Same Shi(R)t... sont des comptines pour enfants roumaines (à la base, parce qu'à l'arrivée, c'est du metal, hein). Le roumain rend bien, très bien, et permet à Dirty Shirt de se différencier.
Parce que, et c'est là où ça fait mal, Same Shi(R)t... n'a malheureusement rien de nouveau à proposer. Renouveler le neo metal, c'est bien, important sans doute... mais là ce n'est pas le cas. L'album sent le réchauffé, le pas-très-nouveau, le pas-très-original. Le côté personnel de Dirty Shirt, les ambiances et le roumain, ne sont pas assez présent pour vraiment faire la différence. L'album est loin d'être mauvais, il aurait juste innové il y a cinq-six ans.
A réserver aux nostalgiques du neo-indus, en attendant l'opus où Dirty Shirt fera la différence à 100%