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Chroniques :: Chronique de Slowly We Rot

Chronique de Slowly We Rot

Obituary  - Slowly We Rot (Album)

 9 
10

Bleuargh ! - Bleuargh aussi.



Qui aurait pu prédire que le petit groupe Xecutioner allait attiser les passions aussi rapidement ? Lui, le petit combo influencé par Venom et Celtic Frost, qui tournait avec Sadus et Atheist pour se faire un nom, et qui allait bouleverser la face de la scène death metal en pleine ébullition ?

Changeant de nom pour Obituary, signant chez Roadrunner et plaçant un parfait inconnu derrière les manettes la bande des Tardy brothers s'apprêtait à sortir l'un de ces albums définitivement culte. Le jeune Scott Burns, dont il s'agit là de la première production, allait quant à lui devenir le faiseur de miracle d'un genre voué à la brutalité. Et pourtant, son travail est encore un peu timide au niveau du son, qui manque parfois de force, mais il a su retranscrire la musique d'Obituary avec un brio certain.

Parce que Slowly We Rot n'est pas un album comme les autres, qui bourrine sèchement. Mais il dégage une ambiance autour de lui, angoissante, éprouvante, d'épouvante même. Ecoutez le morceau titre, avec sa petite intro glaciale, lente, avant une accélération brutale qui dégomme les cervicales. Le chant de John Tardy est l'un des facteurs essentiel de la réussite des américains. Sa façon de poser sa voix tient presque du miracle. Loin des standards du growl habituel, Tardy vomit littéralement ses mots ou le plus souvent des sons inintelligibles sur une tonalité loin d'être aussi caverneuse que bien de ses compatriotes. Une marque d'originalité qui fait le charme d'un groupe qui se complait dans le mid tempo.

Ne jouant pas la carte de la vitesse, Obituary prend le temps de poser ses compositions, très courtes, à coup de successions de riffs emmenés par une section rythmique qui sur cet opus impressionne. Donald Tardy, le frère du chanteur, se charge du facteur brutalité, en incorporant de ci de là des blast beats discrets mais diablement efficace. L'ensemble est moîte, on a l'impression de toucher de la charogne de luxe. L'un des défauts de cet album résiderait dans les soli. Allen West est loin d'être un manchot, on sent qu'il connait sur le bout des doigts les techniques usées par Slayer, mais la prod ne rend pas hommage à son travail, avec une réverbération trop en avant et une guitare rythmique assassine qui bouffe beaucoup d'espace.

Très court, cet album n'en est pas moins une sacrée claque. Les morceaux sont très bien construits, parfait compromis entre ruse et agressivité, il se dégage un certain mystère des paroles de ces chansons (une suite de mots qui en définitive ne racontent pas grand chose et que l'on n'arrive pas franchement à distinguer au milieu de ce dégueulis sonore) et qui contribuera à la légende Obituary, une pochette immonde mais très significative, une ambiance claustrophobique à souhait... Un album très important dans l'histoire du death metal car à sa sortie, ce disque a fait couler beaucoup d'encre, des deux côtés de l'Atlantique et a connu des chiffres de vente plutôt satisfaisant. Un classique, un opus sans concession qui au final, sera le plus original d'un groupe qui n'aura jamais su exploiter tous ses avantages. Ce qui ma foi, constitue un sacré inconvénient.



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