Les deux dernières années ont été bien remplies pour les jeunes suédois qui forment Marionette. Ils ont en effet perdu leur chanteur (Axel Widén), avant de trouver Alexander Andersson, plus connu dans l'underground nord-européen pour ses participations au sein d'Eldrimner et Obscene (et, pour les connaisseurs, son projet solo Svartnar). Après ces évènements, le groupe part en tournée marathon avec
Murderdolls, et enchaîne avec la composition et la sortie de Nerve, le troisième opus.
Enemies, paru il y a déjà plus de deux ans, avait, il faut le reconnaître, bien du mal à tenir la baraque après la surprise Spite, et pour cause, Marionette commençait déjà à tourner en rond dans son propre style. L'heure est aux réjouissances, car les suédois ont repris du poil de la bête et semblent remontés comme des pendules!
Si on excepte le look étudié des jeunes musiciens, le Death Mélodique fougueux est bien ce qui caractérise cette formation. Spite, puis Enemies avaient prouvé qu'elle savait aussi bien manier les mélodies à des parties nettement plus brutales, le tout saupoudré de quelques arrangements décisifs.
Nerve entend bien rattraper les lacunes de son prédécesseur, et ça commence avec "From Marionette With Love". Un début tonitruant, qui prend l'auditeur à la gorge, le malmène, le bouscule. En quelques mots, ça tape fort. Alexander, parfaitement à l'aise dans son rôle, parvient sans peine à faire oublier le départ de Widén; il est vrai que les deux chanteurs évoluent dans le même registre, même si ce nouvel arrivé se veut un poil plus polyvalent...
Le chant frappe de prime abord, puis la batterie, survoltée (comme d'habitude), puis les grattes, qui retrouvent un jeu incisif, qu'on n'avait plus vu depuis Spite. Un parallèle amusant car ce titre aurait très bien pu se retrouver sur l'opus sus-nommé...
"Stand in Line" enchaîne sur des sons communs dans le Death Mélodique. Là encore, Marionette nous pond un titre puissant, accrocheur et énergique, tout comme son successeur!
La nouveauté arrive plus tard, avec "Remember Your Name", "Something Forgotten" et "Smile or Die Trying". Sur ces parties, les suédois assagissent leur propos, privilégiant ainsi les atmosphères à la puissance, pour un rendu un poil discutable avec "Remember Your Name", mais plutôt sympathique avec les deux autres. Fort heureusement, Marionette ne perd pas la main quand il s'agit de taper fort ("A New High", "The Last", "Lights Out" ou "När du Ruttnar Bort")... Au final, Nerve brille par son relief en alternant les morceaux les plus violents à d'autres bien plus calmes.
Vous l'aurez sûrement compris, Marionette nous pond avec Nerve son opus le plus abouti, le plus diversifié et certainement le plus mâture. Le nouveau hurleur a parfaitement pris ses marques et redonne une puissance particulière aux compositions, qui elles prennent une valeur autrement plus intéressantes que sur Enemies, et peut-être même Spite...
Globalement, ce troisième effort ne souffre que de quelques petits détails (cette batterie trop présente dans le mixage, ou ces claviers, parfois maladroits), qui, une fois dépassés, ne sont plus qu'un lointain souvenir. Nerve, c'est un opus musclé, puissant, et ma foi, assez original pour le style!