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Chroniques :: Chronique de Chinese Democracy

Chronique de Chinese Democracy

Guns N' Roses  - Chinese Democracy (Album)

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Axl and Guns N' Roses...



Il aura fallu attendre plus d'une décennie et demie pour que Guns N Roses donne enfin un successeur à son diptyque légendaire, Use your Illusion.

Cette arlésienne, ce nouvel effort intitulé Chinese Democracy, aura été le sujet de rumeurs les plus extravagantes et de déclarations les plus incroyables. Il aura été aussi un objet de convoitise emplis des espoirs les plus extraordinaires venu d'un peuple avide, avant de n'être, finalement, plus que cette désillusion que ce linceul fait de temps et d'oubli aura finis par recouvrir.

Parce que souvent insolites et souvent, aussi, fondamentalement, sans grand intérêt d'un point de vue du résultat, attachons nous à ne pas développer toutes les digressions qui secouèrent le groupe, son entourage, son leader et sa légende. Ces épisodes concernant un champ d'intérêt gravitant autour d'une dimension, effectivement, peu en connexion avec l'aspect purement musical du groupe, et surtout de son chanteur charismatique, auront sans aucun doute interférer dans la phase de composition et auront, sans conteste, influer sur les évolutions que nous donne à entendre ce Chinese Democracy, nouveau manifeste des américains de Guns N' Roses.

Les questions qui se posent après une première écoute sommaire de l'opus sont multiples. Peut-on réellement tout accepter au nom du sacro saint droit à l'évolution? Doit-on nécessairement proscrire toute velléité d'intégrité dès lors que l'artiste auteur d'une nouvelle œuvre aura été responsable, autrefois, d'une révolution dont les vibrations font aujourd'hui encore écho dans les esprits de ceux qui vécurent cette déflagration?

Bien évidemment, nul n'a le droit de dénigrer les désirs de changements d'un musicien pour peu qu'ils soient sincère. Et seul le résultat de cette mutation peut être sujet à critique. Personne ne pourra donc décrier cette volonté de s'inscrire dans une contemporanéité plus actuel exprimé dans les titres aux volutes saccadés, scandés et urbaines que sont Chinese Democracy, Shackler's Revenge ou encore, par exemple, Scraped. On ne pourra que regretter que ces titres soient peu convaincants.

Plus généralement, on pourra, d'ailleurs, déploré l'aspect heurté du travail mélodique confus proposé sur ce nouvel opus. Une musicalité souvent hachée et chaotique qui rends la lisibilité et la communion complexe. Indiscutablement, Chinese Democracy est une œuvre dans laquelle il faudra s'investir afin d'en comprendre les mécanismes. Cette investissement sera indispensable pour ressentir, enfin, une quelconque satisfaction.


En réalité, loin des considérations personnelles liées au gout de chacun, l'hérésie la plus incroyable dont souffre ce manifeste réside dans le fait qu'il y manque l'essentiel. Sur cette route de l'évolution musical Guns N' Roses aura effectivement perdu un des particularités les plus caractéristiques de sa formidable personnalité, à savoir son aspect subversif. Autrefois, directement inspiré par l'esprit rugueux de ce Rock cru dont Axl W. Roses et ses acolytes apparaissait comme les dignes héritiers, le groupe est aujourd'hui lisse et débarrassé de toutes les aspérités qui faisaient son identité et son charme. Et ce ne sont certainement pas les douceurs ouatés de Streets Of Dreams, les vides poussifs de If the World, les légèretés mielleuses et niaises de Catcher in the Rye, les vacuités ennuyeuse d'un Madagascar, les langueurs alanguis d'un laborieux This Is Love ou encore, par exemple les dédales mélodiques trop souvent banals d'un moyen Prostitute qui pourront palier à ce manque crucial.

Et nul besoin d'être spécialement ouvert d'esprit pour regretter qu'un groupe perde son âme.

Égaré dans une musicalité complexe, alourdis par une modernité pas toujours nécessaire et amputé d'une part déterminante de son tempérament, Chinese Democracy nous offre ici un travail indigne résonant comme la cinglante conclusion que Guns N' Roses est, avant tout, un groupe. Axl ne peut, effectivement, pas prétendre à être le seul légataire artistique d'une entité plurielle.

Et si hier la formation était dérangeante, novatrice et inspirée, parvenant à nous faire occulter les frasques insensés né de l'esprit indiscutablement tourmenté de ce vocaliste certes génial, mais surtout déjanté, aujourd'hui le chanteur, désespérément seul, n'est plus que l'esclave de ces tourments, et ne parvient pas à atteindre l'excellence d'autrefois. Une grandeur dont le souvenir portent les noms de Slash, Duff, Dizzy, Axl, Steven ou Matt, éternellement lié en un seul nom: Guns N' Roses.

Et demain...Nul ne le sait...

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par dark_omens, le 10 février 2012
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Aussi réel que le canard laqué



Guns N'Roses.

Un nom que l'on croyait voué à un passé flamboyant. Une source intarissable de plaisanteries et de fous-rires irrésistible. Parce que ce groupe fut. Il fut énorme, au point où certains s'avançaient sur un terrain glissant en affirmant qu'il était le meilleur combo rock au monde. Rien que ça. Et bordel, ça y ressemblait vraiment. Un premier album devenu culte de chez culte et en tout point remarquable, une attente qui alimentait tous les ragots et autres fantasmes. Une seconde explosion commerciale avec le diptyque Use Your Illusions. Une tournée mondiale où les Guns partageaient la scène avec ceux qui étaient désignés comme meilleur groupe de metal, Metallica. Puis... Puis une descente aux enfers douloureuse pour les fans qui voyaient Axl Rose faire sa diva, quittant la scène si quelque chose ne lui plaisait pas, allant jusqu'à frapper un fan qui a eu l'outrecuidance de le prendre en photo durant un show. Un caractériel à la Ritchie Blackmore mais en pire ? Puis Duff McKagan et Slash se barrent, Matt Sorum est viré et les trois vont former Velvet Revolver tout en se livrant à une guerre fratricide avec Axl. Les fans sont pris en otage d'une querelle à la con et le nom de Guns N'Roses est encore un peu plus terni.

Puis il y a cette arlésienne, ce Chinese Democracy annoncé depuis des années mais qui ne sort pas. Si on sait que Dizzy Reed est toujours dans le coup, les divers line-up sont étonnant et prêtent parfois à rire, comme lorsque Axl présente Buckethead et son cornet à poulet frit en guise de couvre chef. Quand certaines marques rentrent dans la danse, c'est l'apothéose ! Ainsi, Dr Pepper, firme de soda américaine, promet une bouteille de soda par habitant aux USA si le disque sort en 2008. Et Axl aimant les bonnes chutes, l'album fantôme parait le 22 novembre 2008 en France (le 23 aux USA). En bonus, il est de bon ton de noter qu'il est déjà censuré en Chine.

Evidemment, il est alors difficile de digérer d'un coup un travail titanesque de presque 15 ans, où de nombreux musiciens se sont succédés, tout comme les producteurs (dont Roy Thomas Baker, l'ancien producteur de Queen). Pour faire simple, ceux qui pensent que les Guns, c'est Axl, Slash, Izzy (ou Gilby), Duff, Matt et Dizzy et rien d'autre (sinon le line-up du génial Appetite For Destruction) vont avoir du mal à accepter ce disque. Il ne faut pas s'attendre à du sleaze, ni à des compositions fortement teintés de hard rock graisseux à la Aerosmith. Les premières écoutes seront même très déconcertantes car il y a peu de riffs sur cet album et aucune chanson n'est réellement tubesque. Les refrains ne sont pas immédiats, on a rien d'aussi définitif qu'un Paradise City ou qu'un You Could Be Mine.

Le groupe a évolué. Et en plus d'une décénie, les influences se sont mêlées, Axl a muri en tant qu'homme. On est donc confronté à ses goûts, ses envies, ses lubies. On pouvait craindre de nombreux passages electro/indus et il y en a. Discrets, s'accordant bien au schéma des compositions qui utilisent cet artifice (Schackler's Revenge, Better). En revanche, le piano se taille une place de choix. Axl n'a jamais caché son affection pour Queen et souvent on retrouve quelques gimmicks propres aux britanniques (comme sur le psyché Catcher In The Rye ou sur la très belle ballade This I Love qui aurait très bien pu être chantée par Freddie Mercury). Sans que ce Chinese Democracy ne soit hasardeux, on a du mal à extraire une ligne directrice. Lorgnant vers un rock classieux aux consonnances hard indéniables (Chinese Democracy, Shackler's Revenge, Prostitute...), le disque n'offre pas beaucoup de repères. L'absence de riffs réels durant les couplets (la guitare semble plutôt s'inviter doucement pour se montrer plus explosive sur les refrains) est déconcertant. Pourtant, au fil de la progression dans l'écoute de cet opus, on s'y habitue bien vite et on se laisse aller à taper du pied durant les nombreux soli qui l'émaillent, impeccables et jouissifs. En revanche, on est loin d'un style à la Joe Perry/Slash, on pense plus au toucher particulier de Brian May (Queen), on arrive à capter le grain de folie de Buckethead et de Ron Thal de temps à autre. Difficile de savoir qui joue quoi, difficile de se défaire de l'album également. On l'écoute jusqu'au bout. Parce que même si la musique n'est plus authentiquement hard/metal, il reste cette voix éraillée unique. Axl chante bien sur Chinese Democracy. Particulièrement bon sur les nombreuses ballades qui parsèment la rondelle, efficace sur les morceaux aux consonances plus funky (If The World, Scraped), génial sur certains OVNI (Madagascar...) Il tire magnifiquement son épingle du jeu et prouve qu'il est resté un grand chanteur et valide du coup le droit d'existence des Guns sans ses anciens compères... Même si une partie du public considèrera cette oeuvre comme un album solo de sieur Rose.

Chinese Democracy n'est pas un disque immédiat. Il demandera de nombreuses écoutes pour être apprécié à sa juste valeur. Il se livrera petit à petit, dévoilant ses secrets à qui saura tendre l'oreille. Malheureusement un peu trop long, pas toujours ultra régulier dans la qualité, il n'est pas non plus le chef d'oeuvre espéré. C'est juste un bon, un très bon disque qui aurait gagné à être plus concis, plus homogène. Mais il peut raviver la flamme pour autant que les fans, et les autres amoureux de bonne musique, lui laissent une chance. En pleine récession, chaque américain aura la joie d'avoir une bouteille de soda en prime dans la boîte aux lettres. C'est pas merveilleux ça ?



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Chinese Democracy - Infos

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Sortie : 22 novembre 2008
Genre : Rock Hard Classieux
Playlist :
1. Chinese Democracy (4:43)à écouter en premier
2. Shackler's Revenge (3:36)à écouter en premier
3. Better (4:59)
4. StreetOf Dreams (4:47)
5. If The World (4:54)à écouter en premier
6. There Was A Time (6:41)à écouter en premier
7. Catcher In The Rye (5:53)
8. Scraped (3:31)
9. Riad N' The Bedouins (4:10)
10. Sorry (6:15)à écouter en premier
11. I.R.S. (4:29)à écouter en premier
12. Madagascar (5:38)à écouter en premier
13. This I Love (5:34)à écouter en premier
14. Prostitute (6:16)
écouter : Ecouter l'album



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