Après avoir accueilli
Lisa Johansson derrière le micro sur la démo Dark Oceans We Cry, il était temps pour
Draconian de mettre en boîte son premier album. Where Lovers Mourn suit donc une belle brochette de démos et d'EP, pour mettre en avant une musique où Doom et Gothique Metal n'ont jamais été si bien ensemble. Et pour l'occasion, le groupe a bénéficié de l'appui du légendaire label Napalm Records. Musique.
"The Cry of Silence" retentit et plante un décor funeste, fait de désespoir et d'amertume, le tout baigné dans un Doom romantique du plus bel effet. Les riffs sont pesants et expressifs, la rythmique pachydermique, tandis que les claviers sont présents pour assurer une atmosphère propice. A la manière d'un
Theatre of Tragedy,
Draconian met en avant des growls et les confronte à des vocaux féminins, pour un rendu des plus... romantiques, c'est vraiment le mot.
La recette semble être plus qu'étudiée pour prendre aux tripes, et c'est ainsi que l'auditeur se voit conquis par les 12 minutes de ce morceau.
La suite,
Draconian perd quelque peu ce côté Doom cher aux
My Dying Bride et consorts pour tomber dans une sorte de Metal aux relents symphoniques ("Silent Winter"), pas si éloigné de feu
After Forever, mais trop indigeste ici. Le résultat parait bien inégal, comme si les suédois avaient beaucoup de mal à se frayer un chemin dans toutes leurs influences. Par chance, "The amaranth", "It Grieves my Heart" ou le bon "Reversio Ad Secessum" sont là pour rappeler que
Draconian est à ce jour l'un des pionniers de son style...
Histoire de tirer profit de sa voix d'or, les suédois se lancent même dans une sorte de ballade lyrique ("Akherousia") pendant laquelle
Lisa Johansson étale son talent. Très sympathique.
Au niveau du son, Where Lovers Mourn bénéficie d'une prod très convenable, lourde et imposante: une nécessité vu le style. Rien à reprocher de ce côté-là. En revanche, et vous n'allez pas y couper: cet artwork n'est vraiment pas une réussite, avec ses clichés cimetières+lunes+corbeaux...
Au final, le premier album de
Draconian a tout d'un début des plus timides. Si Where Lovers Mourn n'est pas un mauvais album en soit, il souffre d'une identité mal négociée (ça part dans tous les sens), doublée d'une surenchère oppressante des claviers. Ceci étant, l'opus compte quand même de bien belles pièces ("It Grieves my Heart", "The Cry of Silence"...), qui laissent une large place à la dualité de ses chants.
Ultime carton rouge: l'artwork!