L’album s’intitule peut être « 13th floor » mais dans la dégringolade de
Sirenia depuis le metal gothic vers la pop metal de deuxième rayon, soyons honnêtes, on est nettement plus bas.
Il s’agit en tout cas du deuxième album signé par le groupe chez les prestigieux Nuclear Blast, et de la toute première performance en matière de metal de la barcelonaise Pilar Giménez García, plus connue sous le nom d’Ailyn, et qui succède (pour combien de temps ?) à Monika Petersen.
Disons le nettement, si il serait temps que le groupe arrête de changer d’élégie à chaque album, et bien il vaudrait quand même mieux qu’il en change encore une fois. Sa voix de petite fille, aiguë et peut travaillée, est encore largement en dessous de la performance réalisée par sa prédécesseur dans
Nine Destiny And a Downfall. En faite son style rappel un peu celui d’Annette Olson, avec beaucoup de moins puissance et de qualité.
Il n’y a qu’à comparer ses passages de Mind Maelstrom avec le début d’Eva de
Dark Passion Play, qui sont dans des styles très comparable : un chant « doux » et low tempo, avec un accompagnement de classique lointain. C’est bien simple, Ailyn semble incapable de tenir note.
Par ailleurs, ce genre de voix va très bien avec la pop metal à la
Within Temptation, pas avec le metal gothic où elle ne peut s’accorder à des voix plus puissantes. Et puis, il faut le dire, Morten Veland n’est pas Tuomas.
Parlons en d’ailleurs, de Morten Veland. Malgré les performances inégales de ses divas, il avait jusqu’ici réussi à produire d’excellentes compositions qui, à l’image de Lithium and a Lover ou
The Other Side, arrivaient à sauver un album. Et globalement, les compositions étaient bonnes, même souvent excellentes. Apparemment, ce temps aussi est révolu ; le géni du compositeur, qui donnait déjà des signes de faiblesses dès
An Elixir For Existence, semble cette fois (provisoirement, espérons le) tari. Car dans cet album, c’est surtout la banalité des compositions qui est affligeante.
Malgré la variété des moyens déployés (il y a même du chant black, et du chant masculin « claire »), les touches d’originalité se font rares et fugaces ; certains titres, en particulier Led Astray, ressemblent à des assemblages d’emprunt aux albums précédent. L’intro classique de The Seventh Summer en particulier, sur un thème musical mille fois entendue, est tout simplement affligeante.
En fait seul Sirens of the Sevens Sea semble ouvrir des perspectives nouvelles, avec son intro au chant masculin, la performance assez correcte d’Ailyn et le retour à une atmosphère plus sombre, rappelant un peu le regretté
At Sixes And Sevens.
Il n’est pas jusqu’au rares passages de growl qui s’intègrent assez mal au reste ; quand à l’ajout de chant black, il n’est pas non plus très réussi, celui de The Lucid Door en particulier, sonne de façon assez ridicule, et fait encore plus ressortir l’aspect sucré et mièvre du reste de la chanson.
Il y a cependant une chose qui sauve cet album de la nullité : les chœurs. Apparemment, c’est une des rare chose dont Morten Veland a toujours une parfaite et pleine maîtrise. Peut être par ce qu’ils sont constitués de vrais musiciens, eux. Dans The Mind Maelstrom en particulier ; où ils ont conservés leur caractère mi-profane mi-sacré ; mais ils n’en font que plus ressortir le niveau assez faible de la chanteuse lead.
Et pourtant… Par instant, le génie qui présidait à la naissance de
Tristania refait brutalement surface dans un air, une inflexion, une composition imprévue. Certains passages, en particulier de A Path To Decay ou Sirens of the Sevens Sea, accrochent véritablement l’oreille, et dans le bon sens du terme.
Alors ? Morten Veland réussira t il à trouver et garder une chanteuse correcte, et à repartir d’un meilleur pied, ou continuera t-il à s’enferrer ? A suivre…