Et encore un album de Sludge, encore un!
A l'instar d'un bon nombre de combos plus ou moins bons qui veulent se revendiquer comme maître dudit genre,
Pelican propose lui aussi une vision du Sludge, ou plutôt devrai-je dire sa propre vision du genre.
Car
Pelican est différent,
Pelican est unique. En effet, la troupe de l'illinois innove en proposant ici avec ce
the fire in our throats will beckon the thaw une oeuvre musicale particulièrement riche en émotion dans laquelle on notera l'absence totale de chant. C'est cela aussi
Pelican, cette force qu'ils ont de proposer un voyage musical sans artifice et c'est pour cela que le groupe est unique.
Que dire de cette galette?
Le contenu de cet album est extrêment riche. On notera bien sûr l'influence d'
Isis (comme chez beaucoup d'autres), mais ce qui est différent c'est la manière dont les quatre musiciens parviennent à créer des compositions personnelles de grande qualité et la force avec laquelle ils les interprètent. Une véritable prouesse que ce skeud!
Déjà, la première chanson nous met la puce à l'oreille: "Last day of winter" nous immerge directement dans l'atmosphère du cd avec sa construction ascendante qui n'est pas sans rappeler parfois la construction de la chanson "Dim" de
Cult of luna. 10 minutes de pur plaisir!
"Autumn into summer" suit le même schéma que la première track mais de façon encore plus notable. Un voyage à travers le temps et l'espace: excellent!
"March to the sea" suit la même construction que ses prédécesseuses avec cette fois un côté sombre plus affirmé.
Et là, premier interlude comme si musiciens et auditeurs avaient besoin de faire une pause dans ce voyage chaotique: "-", sert d'entracte et propose en même temps un hommage au folk metal (je pense notamment à
Agalloch).
The fire will beckon the thaw révèle encore bon nombre de secrets: à ce titre "Red ran amber" est un monument, une marche longue et périlleuse jusqu'à l'objectif suprême: le final du skeud!
Mais aussitôt cette étape franchie,
Pelican nous brise dans notre élan avec la sublime "Aurora Borealis", une chanson relativement calme où l'émotion a la part belle.
Après cette accalmie,
Pelican nous invite à franchir le dernier sommet: celui nous menant vers notre but et rassurez-vous cette dernière étape vaut le détour: "Sirius" est un savant mélange de puissance et d'émotion. Un vrai bijou!
Au final,
the fire in our throats will beckon the thaw est une véritable réussite. Cette construction en dents de scie est là encore ce qui donne tout son charme à cette oeuvre magique, magistrale, magnifique et indispensable.
Pelican, tout comme
Rosetta après lui a su proposer sa touche personnelle à ce genre si complexe et si riche et c'est bien parti pour continuer.