Certains albums ne sont pas facile à appréhender. C'est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit de concept albums qui,par définition, racontent une histoire. Certains sont faciles à comprendre et dans ce cas,
Rhapsody Of Fire a l'art de faire dans le simple. D'autres sont plus ambitieux, plus difficiles d'accès.
Beyond Twilight ne fait pas dans la demi-mesure dans les oeuvres bien complexes. Et les Français de
Myhybris réservent également bien des surprises, bonnes pour la plupart.
Suivant une histoire détaillée dans le livret (et dans la langue de Molière), le groupe nous livre un disque presque entièrement instrumental, où nous suivons Mathilde et Anne, deux petites filles jumelles, dans un pensionnat, de la tragédie à l'aboutissement. Je ne reviendrai pas sur l'intrigue, le booklet est suffisamment bien fait pour que quiconque puisse l'apprécier.
Formé autour de chapitres entrecoupés d'interludes, l'histoire racontée aurait pu se teinter de gris et de noir, des tons funestes, mais Myhybris a eu l'audace de colorer l'ensemble. Bien sûr, la dynamique, les breaks, les changements de mélodie nous guident, nous murmurent qu'il se passe quelque chose d'important, comme sur le i]Chapter 1 : Children's Games[/i] où les voix enfantines laissent place à une ambiance plus dramatique. D'ailleurs, ces voix d'enfants qui semblent égrener une comptine sonnent de façon fantomatique, lugubre et viennent rapidement créer un climat doucereux, très "anglais". L'esprit s'emballe et le décor est planté. La musique devient des images, on distingue une fêlure tout d'abord, puis des murs de brique sinistre. On s'imagine les scènes, ce disque en devient la bande son.
Si Myhybris parait évoluer dans un rock fortement teinté de metal prog, il sait également prendre son auditeur à contrepied. Le troisième chapitre, qui donne son nom à l'album, est une surprise totale. Comme si le
Anathema de
A Natural Disaster fusionnait avec le
Gathering de
Home. Un saxophone s'invite dans la danse, langoureux et nullement déplacé tandis que
Amélie Festa (
Antimatter) pose sa douce et fragile voix sur ce qui est peut-être bien l'un des plus beaux passages de ce disque.
Avec The Sweet Melody Of Resilience, Myhybris développe sa musique, souvent soft, mais capable de montées en puissance très métalliques (
The Pursuit...). Piano qui délivre une ambiance feutrée et mélancolique, guitare parfois discrète mais qui sait se rappeler à notre bon souvenir, section rythmique solide pour soutenir le tout, le défaut majeur serait la durée de cette autoproduction, bien trop courte ! Difficile donc de juger totalement le groupe, surtout sans chanteur. Plus un mini album qu'un véritable LP, The Sweet Melody Of Resilience est toutefois porteur d'espoir pour ce combo parisien qui dévoile une belle maîtrise instrumentale sans oublier pour autant de soigner le packaging qui va avec. Agréable, frais, jamais déprimant, il ne manque plus grand chose à Myhybris pour s'imposer sur la scène prog hexagonale. Sinon un véritable album ?