Mine de rien, et ça fait plaisir à voir (surtout à entendre en fait, le domaine reste avant tout musical),
Vengeance est particulièrement actif en cette fin de décennie. Entre un album studio plutôt bien accueilli (
Back In The Ring en 2006) et un live l'année suivante, les Bataves nous reviennent début 2009 avec un nouvel opus studio, Soul Collector. De quoi laisser souffler les fans qui pensaient le groupe condamné au split après un long passage difficile.
Et s'il convient de reconnaître que Vengeance ne change pas trop sa formule, il faut également admettre qu'il ne sert pas du réchauffé, un simple reflet de ses productions des années 80, plus glorieuses. Le son est chaud, imposant, la production moderne. En revanche, le style, lui, n'est pas forcément le plus novateur qui soit. Loin des sphères de l'indus, éloigné des steppes glaciales du black metal et des égouts purulents du death, Vengeance évolue dans le domaine du heavy mélodique et de l'AOR. Ouais, dit comme ça, au milieu de fans de brutal, ça le fait pas.
Et pourtant, comme dirait Aznavour, la musique jouée par Vengeance est très agréable et de bonne qualité. Dès que l'on appuie sur play, le riff arrogant et jouissif de
Cross In The Rain vient nous chatouiller les tympans, avec la voix agréablement éraillée de
Leon Goewie et des passages typés FM mais non dénués d'intérêt (les termes FM/AOR en étant pour beaucoup, hélas, synonymes). Une bien belle entame, qui donne envie d'écouter la suite. Ensuite, on découvre des riffs simples, très
AC/DC dans l'esprit, comme pour le titre éponyme par exemple, très réussi.
Mais Vengeance est loin d'être bêtement binaire et sait se montrer plus ambitieux dans la composition. Certes, il y a les ballades, simples, peut-être un peu trop sirupeuses pour du heavy, trop faciles justement, mais il y a également des titres intéressants, comme
Samurai ou
So Many Times. Des morceaux sachant rester directs, efficaces, tout en proposant des choeurs travaillés, d'agréables solos, des lignes mélodiques convaincantes.
Malheureusement, le groupe se perd parfois un peu en chemin. Outre les ballades passables, on notera un
I Never Felt That Way Before qui n'apporte rien à l'ensemble et qui traîne des pieds, littéralement à la ramasse par rapport au reste. Heureusement, ce ne sont que quelques titres éparpillés sur l'ensemble d'un album qui tient globalement bien la route.
Avec Soul Collector, Vengeance sort un disque sympathique à défaut d'être novateur. Disons qu'il ne fera pas avancer la grande équation du metal, mais pour les amateurs du genre, reste un opus qui devrait leur plaire. C'est bien ça l'essentiel, non ?