Deux ans après leur dernier méfait, les irlandais de
Primordial remettent le couvert avec Storm Before Calm, un nouvel album plus black que ses prédécesseurs. Le groupe, connu pour ses ambiances pagan et tribales, propose ici un black metal celtique exécuté avec générosité et efficacité. Album sombre et violent, Storm Before Calm est un album hors norme, précurseur des prochaines perles du combo.
Primordial livre ici une prestation des plus brillantes, à la fois empreinte de violence, d’épisme et de poésie. « The Heretics Age » est le parfait exemple de ce schéma simple mais qui conduit à chaque fois
Primordial vers la consécration. Démarrant par un black rapide où Nemtheanga donne de la voix, le titre prend alors une tournure plus celtique, le groupe puisant dans ses racines une imagination débordante. Mais ce schéma reste un incontournable pour le groupe irlandais.
Ainsi, on pourra fermer les yeux et écouter la mélodie pagan introductive de « Fallen to Ruin » interprétée avec talent à la guitare, tomber sous le charme de la mélodie et des percussions du superbe « Cast To the Pyre » où Nemtheanga délivre une nouvelle fois une partition irréprochable, à la fois incisive et incantatoire. Mais les autres titres ne sont pas en reste, puisqu’ils développent le côté guerrier de
Primordial à l’instar d’un « What Sleep Within » très black.
Là où ce Storm Before Calm surprend, c’est dans son homogénéité. En effet, malgré tous les styles arborés,
Primordial ne se perd pas en route et parvient toujours à nous séduire. Un homme n’est pas étranger à ce constat : Alan Averill Nemtheanga. Chanteur exceptionnel, parolier doté d’un talent sans égal, cet homme est un pionnier du metal qui réussit tout ce qu’il entreprend. A l’instar d’un Mickael Akerfeldt (
Opeth), Nemtheanga est de ces frontman qui savent diriger leur écurie sans jamais faire d’erreurs. Et c’est là qu’on reconnaît les grands.
Armés de sa bande, le preux Nemtheanga semble invincible. « Son of the Morrigans » est d’ailleurs un bijou de puissance païenne où les musiciens sont en symbiose parfaite. Et que dire de « Hostings of the Sidhe », le meilleur titre de l’album ? Le souffle introductif de Nemtheanga donne d’emblée la dimension de cette aventure de 7 minutes durant laquelle on va passer par tous les états. Sombre, d’une énergie infinie, la mélodie est imparable et nous transporte dans les confins des territoires celtes des ancêtres du combo. Un titre éblouissant où les quelques paroles nous permettent d’entrer un peu plus dans cet univers si particulier.
Au final, on ressort grandi de cette expérience musicale pour le moins surprenante. Sombre, malsain mais poétique, ce Storm Before Calm rompt avec un passé où le groupe se cherchait encore un peu. Si A Journey’s End avait ouvert la voie en 1998, il faudra attendre quatre ans pour voir
Primordial décoller et atteindre une légitimité amplement méritée. Si les successeurs vont revenir à une veine plus mélodique que violente, il n’en demeure pas moins que cet album est une des pierres angulaires de la discographie des Irlandais. Une discographie sans faux pas depuis bientôt vingt ans, voilà qui a de quoi forcer le respect. Mais quant on voit qui est à bord de ce groupe d’anthologie, on comprend. Le groupe est à l’image de sa musique, Incontournable et Primordiale, tout simplement.