L'étape du DVD marque toujours une évolution dans la carrière d'un groupe. C'est bien sûr le cas de la formation suédoise de death metal progressif
Opeth. Le combo, formé en 1990, a déjà sorti 7 albums avant ce dvd (7 chefs- d'oeuvres) et ils débarquent en 2003 avec cette nouvelle offrande. A l'intérieur de ce dvd on retrouve l'intégralité du concert donné au Sheperd's Bush Empire de Londres, ainsi qu'un documentaire d'environ une heure consacré à l'enregistrement studio du dyptique
Deliverance/
Damnation et dans lequel un invité prestigieux fait son apparition.
Mais passons là cette partie et revenons-en au fruit de cette chronique, le concert. Celui-ci s'articule en deux temps: dans un premier temps, des chansons calmes et en second lieu, des chansons plus lourdes qui font la renommée du quintet.
Le groupe parait détendu dès son entrée sur scène, à l'image d'un Mickael Akerfeldt des grands jours qui salue et distribue des sourires à toute l'assemblée avant d'entamer un "Windowpane", d'une rigueur parfaite. Un excellent titre introductif. Après une brève présentation orchestrée par le frontman, les gaillards se remettent en selle avec "In my time of need", sublime chanson à l'atmosphère orientale dans laquelle l'arpège lancinant de Peter Lindgren et les douces mélopées du nouveau claviériste Per Wiberg font leur effet. Place à l'expérimentation avec "Death whispered a lullaby", chanson co-écrite par Peter Wilson de
Porcupine Tree. Les solos de guitare sont déconcertants de par leur côté strident mais on y retrouve toute la force exprimée dans le skeud. Magnifique!
"Closure" lui succède, et là c'est un véritable ouragan qui traverse la salle: le chant est superbe, le passage mélodique à la guitare acoustique est prodigieux, tout comme le final qui devient dantesque lorsque Martin Lopez vient à marteler fûts et cymbales. Un titre apocalyptique qui acquiert toute sa puissance en live. Génialissime!
Suite à cette tornade, on se dit que Mickael va vouloir calmer les choses et c'est le cas puisqu'il propose un "hope leaves" plus posé et agréable. Mais là, c'est la déception. Outre l'arpège poétique de Lindgren, c'est la voix du sieur Akerfeldt qui ne semble pas à la hauteur. Un des seuls ratés de ce concert.
"To rid the disease" vient cependant stopper les inquiétudes puisque Mickael retrouve de la voix pour interpréter cette magnifique chanson où arpèges et nappes de claviers se partagent l'affiche avec une grande élégance. Un titre trop méconnu qui mérite toute votre attention.
Ces musiciens ont vraiment beaucoup de talent, à l'image du titre "Ending credits", interlude musical où les solis d'Akerfeld font mouche. Chanson qui n'est pas sans rappeler le titre "epilogue" issu du troisième album de la formation scandinave. Un très bon moment.
Que serait donc un concert d'
Opeth sans "Harvest"? Les suédois l'interprètent ici avec simplicité et puissance tandis que la foule ne boude pas son plaisir et se balance au rythme de la mélodie. Ca respire la bonne humeur!
Mais c'est déjà l'heure de la fin du premier set... enfin pas tout à fait puisque Mickael et Per insistent pour jouer la doomesque mais époustouflante "Weakness". Un titre d'une beauté sans nom qui en ferait chialer plus d'un. Surement l'un des titres les plus mélancoliques du quintet. Bon fini les plaisanteries, nous ce qu'on veut c'est du metal. Rassurez-vous,
Opeth revient pour un second set de folie dans laquelle l'interprétation de Martin Lopez est hallucinante: ça commence directement avec "Master's apprentices" et sa double pédale frénétique. Mikael est au top et vocifère ses paroles avec son grohl caractéristique tandis que que son homologue guitariste propose des riffs massifs et groovy, bien supplée par l'idole des fans, le bassiste Martin Mendez, et son fameux headbang. Un titre bien péchu qui remet les pendules à l'heure:
Opeth n'est pas là pour faire de la figuration!
On enchaîne sans temps mort avec un "Drapery Falls" magique où les guitares font l'essentiel entre épisme, violence et poésie. Génial!
Vous l'attendiez?
Opeth l'a fait. Le combo interprète leur célèbre "Deliverance", monstre de violence et de rapidité. Mikael crache son venin sur le public qui commence à se chauffer, tandis que Mendez imprègne une atmosphère lourde et Lopez quant à lui assène de grans coups de baguettes tantôt sur ces toms, tantôt sur ces cymbales. Le final est monstrueusement surpuissant: la rythmique imprimée par Lopez qui a fait la célébrité de la chanson est élévée. Tout simplement MA-GIS-TRALE!
Suite à ce raz-de-marée,
Opeth revient avec un "Leper Affinity" sympathique mais sans plus puisque les guitares ne jouent qu'une des deux mélodies, ce qui enlève le charme originel de la musique.
Opeth revient alors avec son dernier titre de la soirée, et non des moindres, "A fair judgement", commence avec la superbe intro au piano, avant que les guitares prennent la mesure avec un riff doom massif et somptueux. Le petit arpège en forme de break est éblouissant et le final avec les soli prodigieux, notamment grâce au passage du solo entre Mikael et Peter. Magnifique cloture de concert!
Au final, ce dvd propose un concert d'anthologie, avec une set list privilégiant le dyptique
Deliverance/
Damnation sorti quelques mois auparavant.
Opeth, à défaut d'être hyper-actif sur scène, sait rester simple et nous régaler les oreilles.On notera en revanche que les véritables stars de ce dvd sont Mikael Akerfeldt et aussi Martin Lopez. On regrettera en revanche de ne pas plus voir à l'écran Peter Lindgren et Martin Mendez.
Si vous aimez le combo, n'hésitez plus!