Le postcore, mouvement musical ô combien splendide mais bouché aujourd'hui par moult combos au talent plus ou moins étendu, manquait cruellement de renouveau et d'originalité ces dernières années. En effet, on a assisté ces dernières années à une recrudescence de groupes de postcore très (trop?) influencés par les ténors
Neurosis et
Isis. C'est alors qu'est arrivé l'ovni
Rosetta et sa production intitulée
Wake Lift. Un disque massif, original et avant tout indispensable.
Avant ce
Wake Lift libérateur, le postcore n'avait plus connu une telle bouffée d'oxygène depuis la sortie de l'excellent
Panopticon d'
Isis sorti en 2004. Mais revenons-en à ce groupe et à cet album.
Pour rappel,
Rosetta est un groupe issu de Philadelphie. Avant ce
Wake Lift, le groupe s'était déjà fait remarquer en 2005 avec la sortie de leur premier effort,
The Galilean Satellite, qui avait pour particularité d'être un double cd superposable. En 2007, Rosetta remet donc le couvert avec
Wake Lift, chef d'œuvre de "postcore lunaire".
Si on peut parler de postcore lunaire, c'est d'abord parce que la jaquette de l'album y fait référence: on y voit une sonde spatiale (Rosetta) en vol dans l'espace. Une image magnifique qui annonce déjà le concept de l'album.
Car oui, la musique aussi est prétexte au voyage spatial: le chant hurlé de Michael Armine (caractéristique du mouvement postcore) apparait véritablement comme un appel au secours en direction de la Terre, tandis que le son des guitares et les mélodies interprétées font immédiatement penser à un voyage dans l'hyper espace, voyage des plus beaux mais aussi des plus chaotiques ("Red the tooth in claw"). La basse est également très présente et propose tour à tour une atmosphère apaisante (intro de "Wake") et une atmosphère des plus oppressantes (comme sur "Lift part 3")
Le voyage suit son cours avec la surprenante et sublime "Temet nosce", morceau de 15 minutes, étape de transition avant un final dantesque. Les mélodies y sont calmes et reposantes. Mais cela ne dure pas car c'est déjà l'heure de la fin avec "Monument", chanson magistrale où émotion et violence se partagent les premiers rangs, chapitre final d'un voyage unique, indescriptible et duquel on ne sort pas indemne.
Avec
Wake Lift,
Rosetta passe sans difficultés le seuil complexe du second album et propose une œuvre unique et incontestablement l'un des chefs d'œuvres du postcore.
Grâce à
Rosetta, le postcore a retrouvé une seconde jeunesse et c'est bien parti pour continuer.