Avec l’apparition de nouveaux courants musicaux au cours des dernières décennies, certains se sont plu à prétendre que le Rock n’était plus. Qu’il était mort.
Effectivement, le Rock n’existe plus sous la forme qu’il revêtait il y a 30, 40 ou 50 ans, et la disparition des plus grands noms du genre, comme
Led Zeppelin, les
Beatles, les
Rolling Stones ou plus récemment
Pink Floyd, pour ne citer que les plus connus, n’est pas étrangère à ce constat, mais c’était sans compter sur Les
Nirvana,
Pearl Jam et autres Placebo qui ont fait leur apparition au cours des années 1990, et de l’ascension inexorable du Metal depuis maintenant plus de 40 ans…
Tout ça pour dire que le Rock, au sens large du terme, n’est pas mort, et les quelques fous qui soutiendront le contraire ne connaissent assurément pas les formations sus-nommées, et moins encore les Parisiens de
Temple Town…
Formée en 2003 dans la ville lumière, la formation baigne dans un Rock bien 90’s, teinté de Grunge, et largement inspiré de certains des plus grands noms de la scène «Metal et affiliés» de ces vingt dernières années.
Après seulement une démo («
Close Your Eyes», 2005) et un EP («
Black Crystal», 2006),
Temple Town revient nous titiller les tympans fin 2011, avec leur tout premier album, intitulé «
Scarland», et orné d’une belle pochette représentant un papillon et un crâne humain, peut-être pour souligner le caractère éphémère de la musique, en constante évolution ? Mais je m’égare…
Dès le titre d’ouverture, «
Foster», un nom vient irrémédiablement à l’esprit :
Alice In Chains !
L’approche résolument Grunge du morceau, ainsi que la voix de
Daniel, le chanteur, nous rappellent au bon souvenir de feu
Layne Staley.
Une bonne entrée en matière qui donne envie de taper du pied, au rythme de la batterie, en mid-tempo quasiment tout au long du morceau.
Outre Alice, on distingue par-ci, par là, tout un tas d’autres influences, tant vocales que musicales, dont
Pearl Jam,
Nirvana,
Megadeth (en particulier sur «
Conversation», où
Dani fait penser à
Dave Mustaine), et j’en passe, tant elles sont nombreuses.
On note aussi la présence d’une reprise de
The Police.
Ayant des mœurs décidément toujours aussi légères, la belle «
Roxanne» fait ici une apparition avec une belle paire d’escarpins en acier aux pieds, pour un résultat très sympathique (à noter également que le groupe a réalisé un clip pour ce morceau, et que celui-ci est disponible sur l’album).
D’ailleurs, petit détail, flagrant sur ce morceau, la faute à un tempo plus lent,
Dani (encore lui, décidément !) semble avoir un très léger accent. Si cela ne manquera pas d’en faire hurler certains, il faut bien admettre, sans être chauvins (bon, ok, un peu quand même…), que cela apporte un petit côté franchouillard bienvenu, qui permet de distinguer
Temple Town de ses illustres, mais malheureusement trop présentes, références.
Construite essentiellement autour de power chords bien gras, et d’instrumentations simples mais bien rentre-dedans, la musique des Parisiens ne peut pas être qualifiée de subtile ni d’originale, mais possède un côté très immédiat, très Rock’n’Roll, qui ne manquera pas de faire son petit effet en concert. Il est juste dommage que chaque morceau de ce «
Scarland» fasse irrémédiablement penser à tel ou tel groupe.
En définitive, si
Temple Town ne propose rien de nouveau et nous donnerait presque l’impression d’avoir un «Tribute album» entre les oreilles, on pourra compter sur une maîtrise évidente de leur sujet, ainsi que sur une production claire et bien foutue pour rattraper ces fautes de goût, malheureusement rédhibitoires, et qui relèguent «
Scarland» dans la catégorie des albums «sympathiques, mais peut mieux faire».
Il ne fait cependant aucun doute que si
Temple Town arrive à digérer ses influences, le prochain risque d’être sacrément bon.
Le Rock est mort, vive le Rock, mais à petite dose, hein !