Dans les années 80 il y avait le disco mais il y avait aussi le "Big four" aux Etats-Unis, l'émergence de ce thrash métal, de ce heavy-métal et maintenant, en 1986 précisément, du doom-métal. Commencé par
Black Sabbath, disputer par les groupes américains:
Pentagram,
Trouble ou brittaniques:
Pagan Altar, le travail sur le doom-métal atteignait avec cet album de
Candlemass ses lettres de noblesse.
Epicus doomicus metallicus c'est avant tout un titre, une gueule. On remarque le "doomicus" dans le titre de l'album qui parle forcément. Une pochette sobre avec un crâne étrange au centre.
Candlemass c'est une voix. A l'époque, c'était la voix du bassiste Leif Eidling mais quelle voix! Du heavy certes mais du heavy bien mélancolique et dépressif comme sur "Solitude", LE titre culte du doom métal qui ouvre l'album avec son arpège mélodique. La voix y est enivrante: "Please let me die in solitude": fantastique.
Candlemass c'est dans cet album la science de la mélodie doom. Dans "Solitude" c'est lent et lourd comme du
Black Sabbath, ça te pose, ça te fait déprimer. Mais c'est aussi des riffs, en témoigne "Crystal ball" l'un des morceaux cultes de l'album et du groupe. Là encore, tu te bouffes le cri de Leif torturé avec un riff d'entrée excellent et toujours ces couplets lents. Cependant pas de lassitude, les breaks font du bien, et les solis mélodiques rendent les morceaux plus intéressants encore. Mais bon ça reste lent malgrè la présence de la double-pédale notamment dans "Demons gate". Je dis lent mais cela rime avec excellent, ce n'est point une critique, l'art du doom est ici au summum. "Under the oak" par exemple, c'est vraiment dépressif et dans le chant et dans la musique, méga lent tout ça mais tellement bon avec ces mélodies aux guitares énormes (ici l'accompagnement est digne des premiers morceaux d'
Opeth). Il y a présence d'arpèges très doux où la moindre note se ressent. Du clavier par ci par là en ambiance également.
Si vous voulez savoir ce que veut dire poèsie et magie, écoutez "A sorcerer's pledge" avec son entrée très romantique et son riff qui s'ensuit, excellent, au son bien old school! Passages plus rapides dans ce morceau et omniprésence de la double pédale qui ajoute un côté mortel à l'Epicus. Car il y en a de l'Epicus dans cet album! Ce morceau porte parfois le drapeau de la bataille, de la victoire, tout comme "Crystal ball" ou "Demons gate", morceau le plus épique à l'ambiance étrange. Du Metallicus forcément! C'est métal, heavy dans le chant (mais pas autant que du
Iron maiden attention!), doom dans la musique et surtout double pédale typique! Epicus encore plus dans cette partie de "A sorcerer's pledge" (vers la 6ème minute) où le tempo se fait plus lent avec du clavier derrière comme une marche vers la gloire! Mais magie aussi avec cette voix de femme magnifique, ensorcelante, d'où le nom du titre. Chaque morceau est excellent, aucun ne semble pouvoir dépasser l'autre (si ce n'est "A sorcerer's pledge" peut être).
Avec cet album commencait véritablement l'émergence du doom-métal. Pionnier majeur, référence incontournable dans le style et dans le métal en général,
Candlemass fait partie de ces groupes qui ont marqué leur temps. A écouter, ne serait ce que pour la culture métal.