De nos jours, quand on parle de Death Metal, on pense principalement au Death Technique à la
Necrophagist, au Death Mélodique à la sauce Göteborg, ou d’autres styles bien souvent suivis du suffixe «core», et on en oublie malheureusement qu’avant, le Death, c’était une musique grasse (pour ne pas dire grossièrement taillée dans la masse), vindicative, rampante, lourde, oppressante, avec des textes fleurant bon le démembrement après un petit déjeuner à base de boyaux de chatons, ou encore l’invasion du Monde civilisé par d’innombrables zombacks copieusement putréfiés.
Bref, avant, le Death Metal, c’était un tout autre délire, et si les nostalgiques de cette époque pas si lointaine ne manquent pas de pester contre cette nouvelle scène au son toujours plus propre et au propos un brin moins dégueulasse, ceux-ci ne sont pas en reste car, au cours des dernières années, on a pu constater une recrudescence du nombre de groupes n’hésitant pas à faire marche arrière et à revenir aux origines d’un son déjà presque trentenaire…
Nailgun Massacre, jeune groupe Hollandais formé en 2010, a sorti son tout premier album, «
Backyard Butchery», en milieu d’année 2011, via le label
Slowrunner Records.
Que nous réservent donc ces musicos tous droits venus du pays du Gouda et des tulipes ?
Au-delà du visuel bien gore et cradingue, faisant la part belle à nos amis les morts-vivants, se cache un Death Metal que l’on pourra sans mal qualifier de «Old School», dans la droite lignée de certains des plus grands noms du genre, à la tête des quels nous pouvons citer
Morbid Angel, Possessed, Autopsy, Obituary, Dismember, ou bien
Grave…
Autant ne pas y aller par quatre chemins :
Nailgun Massacre ne fait pas dans la dentelle !
Après un court passage directement enregistré dans les geôles de l’Enfer, faisant guise d’introduction et servant à planter le décor de ce «
Backyard Butchery», «
Cadaverous Lay», rouleau compresseur fait de riffs bien gras, de growl d’outre tombe, et de cadavres en putréfaction, écrase tout sur son passage et réduit nos malheureuses cervicales à l’état de compote pour bébé.
Gras, rampant, vicieux, vindicatif, putride et poisseux, le Death Metal pratiqué par nos amis Bataves n’a pas grand chose d’original, malgré la présence de quelques petites surprises (la clownesque introduction de «
Albert The Geek» ou le court passage acoustico-horrifique de «
Jagannãtha!», par exemple), car il renvoie directement à certaines des plus anciennes (et des plus cultes) productions des groupes sus-cités. Toutefois, la recette ne semble pas avoir pris une ride en 30 ans, et son efficacité n’a pas faibli d’un iota, tant l’envie de se laisser aller au plus forcené des headbangs devient de plus en plus irrépressible à mesure que les secondes s’écoulent et que les morceaux s’enchaînent.
Le groupe n’hésite pas non plus à se laisser aller à quelques virtuosités, grâce aux solos disposés savamment sur les pistes de «
Backyard Butchery», et venant quelque peu adoucir cette mixture bougrement épaisse.
La production est quant à elle à la hauteur de nos attentes, et sied parfaitement au travail fourni pas les musiciens de
Nailgun Massacre, en rajoutant une couche de saindoux sur chacun des morceaux de l’album.
Bref, ça envoie du bois, et au terme des courtes, mais intenses 40 minutes de l’album, on en redemande…
A l’heure du Mélodeath, du Deathcore, du Brutal Metalcore Gothique Progressif (*vomit*), et d’autres styles de Metal aux intitulés plus saugrenus les uns que les autres, dont les légions de jeunes âmes nouvellement corrompues par Satan s’abreuvent sans retenue, il est agréable de constater que certaines formations comme
Nailgun Massacre tentent un retour aux fondamentaux, et se fassent les porte-paroles d’une scène aujourd'hui oubliée de tous, ou presque.
Évidemment, cet album ne se démarquera pas par son originalité, ni par la finesse de son propos, mais «
Backyard Butchery» saura sans problème se trouver une place bien confortable dans la discographie de tout amateur de Death Old School bien bourrin.
Quelqu’un veut tenter un concours de gobage de cerveaux ?