Soyons honnête, le genre Metal Progressif est loin d’être le plus populaire dans le monde du Metal. La plupart privilégient le Metal Extrême, ou les trucs bien Old School, les grands classiques, tout ça… En se lançant dans l’aventure, Amon Sethis part donc sur de mauvaises bases pour percer dans le milieu. Et pourtant, avec une certaine originalité dans sa musique, un son très correct et une imagination débordante, les Grenoblois savent faire preuve d’un certain professionnalisme.
Comme l’indique ce patronyme aux sonorités étranges, Amon Sethis base son concept sur l’Egypte ancienne, un peu comme
Nile mais dans un style radicalement opposé. Dès l’intro nos français mettent le paquet ! On a un truc très classieux et grandiloquent qui en dit long sur l’étendue du talent de nos musiciens. Et après cette intro, on est lancé dans l’univers du groupe, un univers qui ne se donne pas vraiment de limites, le groupe se lâche, tout en maitrisant parfaitement chaque note. Le groupe nous promène dans une musique à la fois sombre et expressive qui mériterait même d’être reproduite sur scène comme la musique d’Amphitryon. Mais on pense aussi à Beyond Twilight avec son côté très théâtral et le côté extrême qui fait des apparitions fréquentes lors d’un chant plus Death/Black par moments.
Parce que oui, Amon Sethis sait aussi se faire plus violent sur certains passages pour donner à sa musique tout un panel d’émotions et d’atmosphères. Mais le groupe sait aussi ralentir le tempo et nous proposer des passages plus intimistes, plus introspectifs. Aucune piste ne se ressemble, et pourtant, on baigne bel et bien dans le même univers du début à la fin. Il y a cette sorte de fil invisible qui nous le rappelle sans cesse, qui nous rappelle sans cesse que l’on écoute Amon Sethis et que l’on ne doit pas oublier ce nom. Nom qui apparait d’ailleurs dans une piste assez étrange qui a pour but de prononcer des noms égyptiens avec une mélodie lancinante. Dans la démarche, on pense à la chanson d’Anton LaVey qui incante les différents noms du Diable dans les différentes cultures et les différentes formes qu’il prend. Parenthèse à part, Amon Sethis reste fidèle à sa ligne de conduite en allant toujours plus loin avec une musique riche, parfois étrange, parfois violente, et parfois plus apaisante.
Ce que l’on retiendra essentiellement, c’est le côté théâtral qui est lis en avant, et je me répète, mais il serait vraiment intéressant d’avoir une mise en scène genre opéra pour un projet de ce type.
Avec ce nouvel album, les français s’affirment comme une valeur sûre du genre, et ils sauront en impressionner plus d’un par la qualité de leur musique. Au cours de ces 12 pistes, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, et le groupe en profite pour nous dévoiler la richesse de son art. Maintenant, espérons juste que le metalleux seront assez ouverts d’esprits pour poser une oreille sur ce disque qui vaut vraiment le coup.