Oyez, oyez, gentes dames et beaux damoiseaux ! Voici venir ceux que vous attendiez tous, j’ai nommé
Drawers !
…
Comment ça, ça ne vous dit rien ?
Bon, un petit retour en arrière s’impose…
C’est en 2009 que commence véritablement l’histoire de
Drawers, lors de la sortie de leur EP «
This Is Oil», face auquel les murs de Toulouse ont bien failli s’effondrer d’un seul bloc. Avec un style Stoner/Sludge trempé dans l’acier en fusion le plus pur, fleurant bon le vieux whisky et la poussière, ainsi que des compositions en béton armé, ce premier jet eut sur la scène Metal de la ville rose l’effet d’un bon gros coup de pompe dans une fourmilière, ce qui propulsa le groupe au premier rang des formations à suivre.
C’est donc avec un intérêt tout particulier que nous attendions la sortie d’une nouvelle galette.
Après trois ans d’attente,
Drawers revient avec un nouveau chanteur, Niko Bastide, et un nouvel album, intitulé «
All Is One»…
Comment décrire le style du groupe en quelques mots… ?
Pour faire simple, c’est comme si
High On Fire avait sauvagement violé
Crowbar sous le regard bienveillant de
Down... Ca a peut-être l’air bizarre décrit comme ça, mais avec de telles références, autant dire que la musique du quintette défouraille sec, et nous en avons la preuve dès le premier titre, «
Caput Mortuum Ocean»...
Après une intro rampante, plantant une atmosphère limite malsaine,
Drawers nous embarque en pleine tourmente avec son Sludge marécageux, tandis que la grosse voix rocailleuse de Niko décape nos pauvres petites esgourdes et que la batterie part en un mid-tempo ravageur.
Une bien belle entrée en matière, qui donne irrémédiablement envie de taper du pied.
Une envie qui ne vous quittera quasiment jamais tout au long des douze titres de l’album, et si le groupe ralentit parfois le tempo («
Golden Adieu» et «
Muddy Smoke»), ce n’est pas pour ménager ses auditeurs, mais plutôt pour les laisser s’enfoncer plus profondément dans les riffs marécageux délivrés par la section rythmique, et même si une petite bouffée d’air frais fait son apparition dès la cinquième piste, avec «
Blue Keel», très sympathique interlude acoustique, nos cervicales n’auront que très peu de répit pendant les 53 minutes que dure l’album…
On note également dans la musique des Toulousains quelques saccades, très typées Hardcore, qui ajoutent encore à la palette de couleurs des compositions de
Drawers.
Au rayon des surprises, on retrouve un petit passage au métallophone, sur «
Black Queen». De mémoire de Metalhead, cet instrument n'a jusque-là jamais utilisé dans le milieu du Metal, tout du moins en dehors des sphères parfois pompeuses du Metal Symphonique.
Enfin, on remarque aussi, même si cela n'a pas grande importance, que les noms des chansons commencent invariablement par une couleur, à l'exception de la première, la neuvième et la onzième piste...
Servi par une bonne production, très puissante, et issue du studio
Bringer (dont le propriétaire n'est autre que le guitariste du groupe), «
All Is One» se révèle être un album incroyablement massif, écrasant même, et si l’on pourra reprocher une trop grande densité à certains morceaux, qui perdront parfois en clarté, il ne fait aucun doute que ce disque a été longuement mûri par ses compositeurs.
En définitive,
Drawers entre dans la cour des grands par la porte de devant et s’impose avec ce premier album comme une référence sur la scène Sludge française.
Il ne fait maintenant aucun doute que le groupe est promis à une belle carrière, et il ne nous reste plus qu’à leur souhaiter bonne continuation.
A conseiller à tous les amateurs de riffs graisseux et de rythmiques plombantes.