Il est de ces groupes dont on ne peut discerner les visages. A l’instar de
Spektr,
Blut aus Nord est un groupe de black métal normand que l’on pourrait qualifier de true-black métal atmosphérique. On peut notamment citer comme principale référence du groupe (d’un homme…)
Burzum. Leur premier album,
Ultima thule est l’exemple même de l’excellence du black métal français.
« The Son of Hoarfrost » débute par une sorte de petite comptine très vite coupée par l’arrivée d’un black sauvage et malsain. Tout comme
Burzum, le groupe parisien cherche à avoir un son malpropre pour renforcer la violence, l’effroi. Et à ce sujet,
Blut aus nord excelle. Moins porté cependant sur le sujet comme
Spektr, le groupe possède des parties très malsaines comme sur « On the way to Vigrid ». Black atmosphérique, je l’ai précisé, le groupe offre des ambiances superbes, parfois des arpèges étrangement beau, des voix de fond en chant clair et toujours ces sortes de comptines qui font plutôt penser à une mélodie hivernale comme sur « Righstula ». « My prayer beyong Ginnungagap » est l’exemple parfait de ce qu’est capable de faire le combo. Des voix qui chantent, qui s’élèvent vers on ne sait quoi, elles répètent la même mélodie sans cesse, une prière adressée à Ginnungagap : le Vide dans la mythologie nordique.
Le chant est complètement poussé des profondeurs abyssales. On ne discerne que très peu de mots, c’est une voix à la limite de l’épouvante sous forme de cris quasiment plaintifs et désespérés. Le groupe sait composer à la perfection, saupoudrant son true-black métal de passages très atmosphériques et de calme parfois intense tant la galette est incroyable. Il sait notamment éviter la lourdeur en calant des titres composés exclusivement d’ambiances comme « Righstula » ou « My prayer beyond Ginunngagap ». Le dernier morceau, « The last journey of Ringhorn » clôt le cd d’une manière incroyable, intro avec arpège black et ambiances en arrière-plan, grande mélodie dans la musique avec cette basse extrêmement présente. Le morceau transporte, le chant n’existe plus, seul des cris subsistent jusqu’à une montée progressive d’un arpège très aérien avec cet effet étrange à la guitare qui donne l’impression d’un fluide. Et la mélodie se fait encore plus belle et triste avec ces voix bouleversantes, ces voix quasi grégoriennes, on se croirait en deuil avec le groupe. L’ambiance s’accentue encore,
Blut aus nord nous dévoile encore des trésors d’émotion alors qu’on ne pouvait croire à cela après l’écoute des sept premiers morceaux. Les guitares reviennent alors avec une sorte de mélodie épique en arrière-plan, on voit un dieu traverser les plaines gelées du grand Nord sur son cheval, à toute vitesse… »The Last journey of Rhingorn » est un chef-d’œuvre.
Ultima thule est un excellent premier essai. Chaque morceau se doit d’être écouté avec patience pour en déceler l’émotion dégagée. Que ce soit à travers de la haine, de la poésie, de la tristesse ou encore de la mélancolie, le groupe vous emmènera loin et cette première galette est d’ores et déjà culte.