Depuis quelques temps déjà, on assiste à un renouveau du Metal français. L'explosion de gros groupes comme
Gojira,
Dagoba ou
Hacride a ouvert les portes à une musique de qualité, qui depuis se généralise dans tout le pays. Et bien sachez que nos voisins italiens vivent à peu près la même révolution en ce moment-même.
Pour tous ceux qui ne voient en l'Italie que Rhapsody (of Fire, on ne sait plus trop!), il est grand temps de s'ouvrir à d'autres formations qui, malgré leur jeune âge, proposent une musique très professionnelle. L'an dernier, nous avions découverts Logical Terror, aujourd'hui parlons un peu du cas Forgotten Tears. Ces milanais ne comptent que quelques années au compteur, et les voici avec un premier album, Words to End, sorti fraîchement sur le label To React Records.
Comme ces jeunes musiciens ne sont pas vraiment connus par chez nous, il est bon de passer aux présentations. Déjà, ils évoluent dans un Death Mélodique moderne qui lorgne méchamment sur le Metalcore. La recette est claire, le style se veut typiquement européen et moderne, pour une musique fougueuse et sans compromis.
Parlons à présent de Words to End. Déjà, saluons Forgotten Tears pour l'audace qu'il a eu en contactant Travis Smith (
Opeth,
Katatonia...) pour cet artwork.Très professionnelle, l'imagerie du groupe est vraiment plaisante (le contraire aurait été étonnant quand on connait les talents du graphiste!).
Musicalement, Words to End s'apparente à une véritable décharge d'énergie. Dès l'entame, on sent que les italiens ne sont pas venus pour les gonzesses, comme en témoigne ce "Words to End" dévastateur. Véritablement taillé pour les planches, l'opus n'en démord pas, prenant le meilleur de chaque style (les riffs du Death Mélodique, les down tempos du Deathcore, les refrains du Metalcore...) pour un rendu plutôt convaincant à défaut d'être vraiment original. On pense parfois à
All Shall Perish, influence avouée des italiens, ou à
Unearth ("The Final 24").
Qu'à cela ne tienne, la bande menée par le frontman Faust Quaggia mise sur l'efficacité, et ça se voit. Entre l'improbable "The Truth is for Sale", le catchy "Still Nothing Inside" ou le colossal "Resistance" (pas si éloigné de Bloodwork pour son refrain), Forgotten Tears dévoile un dynamisme et une fougue caractéristique, qui doit prendre toute son essence sur scène.
Doté d'une assise rythmique écrasante, le combo se démarque surtout par ses guitares, qui offrent un paysage sonore assez ouvert, entre riffs puissants et solos techniques. Côté chant, Faust propose une prestation convaincante, même si les apparitions en chant clair restent quelque peu superflues.
Après onze titres, Words to End prend fin. L'occasion est belle, notons la qualité du son, très pro une fois encore, même si pour ma part j'ai de plus en plus tendance à déplorer les productions aseptisées. Quoiqu'il en soit, Forgotten Tears a pondu-là un opus puissant, certes peu original, mais bourré de bonnes idées ("Thoughts Killes my Sleep"!). Partagé entre un Death Mélodique moderne, un Deathcore ou un Metalcore, Words to End brasse les genres pour accentuer son impact.
Un dernier mot pour féliciter le groupe dans sa démarche: proposer un premier opus aussi professionnel fait vraiment plaisir!