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Arckanum… Après toutes ces années de dévotion totale envers son art, Shamaate n’a cessé d’évoluer dans sa quête spirituelle qu’il retranscrit en musique à travers de longues œuvres épiques et sombres. Et contre vents et marées, le groupe est toujours debout, et comme tous les ans depuis Antikosmos, nous avons droit à un nouvel album d’
Arckanum. Avec un rythme aussi soutenu, nous sommes en droit de nous demander si Shamaate, entre l’écriture de deux bouquins, ne commence pas à bâcler tout ça…
Être quelqu’un d’occupé de signifie pas forcément faire les choses à moitié. Et Shamaate le prouve une fois de plus dès le début de HelvÃtismyrkr qui débute sur les chapeaux de roues. Rapidement, on se retrouve à nouveau confronté à l’univers si unique d’
Arckanum, reconnaissable entre mille. Pas de changement fondamental à première vue, ou plutôt à première écoute. Mais on ressentira toujours cette passion infaillible qui imprègne chaque note pour lui conférer la puissance qu’elle doit avoir. Le monde d’
Arckanum est terriblement sombre, basé sur les forces anti-cosmiques qui nous entourent. HelvÃtismyrkr est un pas de plus dans la discographie d’
Arckanum et il nous baigne dans une musique qui évolue timidement au fil des albums. Et on aime mieux ça parce que la qualité est au rendez-vous ! Ce nouvel album se veut le reflet d’une âme sombre et torturée, mais une âme qui n’oublie pas ses racines. En témoignent des titres comme Ór Djúpum qui n’hésite pas à poser quelques soli bien Heavy avec des bases légèrement Thrash. Des rythmiques plus brutes permettent aussi de varier les plaisirs avec des passages plus agressifs pour d’autres qui sont plus introspectifs. Au final, ce nouvel album est tout sauf linéaire. C’est juste qu’il utilise une recette qui marche et que l’on connait par cœur, et de la manière la plus subtile qui soit, il nous surprend à chaque recoin sans en avoir l’air.
On retiendra aussi les chœurs magnifiques qui prennent une place minime mais importante, notamment sur Myrkrin Vinna Hefnt, ou encore des passages à la fois ambiants et hypnotiques comme In Svarta… Bref, si ce nouvel opus est le digne héritier de Sviga Læ, il s’impose tout de même comme un chef d’œuvre du maitre Shamaate qui a façonné son bijou comme une pièce d’orfèvrerie. Tout au long de l’album,
Arckanum nous noie dans des passages tantôt vraiment sombres et violents, tantôt dans des passages plus instrumentaux et ambiants qui permettent de digérer cette noirceur insipide. On a même droit à quelques mélodies efficaces qui ne viennent entacher un rien l’esprit de l’album.
La dimension épique a aussi un impact certain avec un morceau absolument fabuleux comme Svartr ok Þursligr qui est totalement innovant pour
Arckanum de par l’utilisation d’un violon sinistre. Un peu à la manière du premier titre du nouvel album de
Taake, Noregs Vaapen.
Et si on ajoute à ça une superbe pochette, on tient là un disque phare de la discographie de ce one-man-band suédois.
Au final, ce HelvÃtismyrkr est un disque qui se déguste sans fin, et qui saura réveiller les papilles des plus gourmands. Son apparence simple et efficace se révèlera encore plus sombre qu’il n’y parait, et encore plus succulent que l’on aurait osé l’imaginer… A déguster dans modération…