Taake a bien changé depuis le fabuleux Doedskvad… De EP en EP, puis d’albums en EP, la bande à Hoest n’a cessé de peaufiner son art, avec plus ou moins de succès… Puis il y a eu cette histoire de croix gammée, puis il y a eu… Bref, on s’en fout… Pas toujours évident de suivre les épisodes, je me suis rendu compte moi-même que j’étais passé à côté de quelques EPs sortis tout récemment alors ma foi, accueillons ce Noregs Vaapen comme il se doit.
Si les norvégiens de
Taake ont toujours attiré convoitises et polémiques, ce nouvel album s’inscrit dans la plus pure des traditions engendrée jadis pas des
Burzum ou autre
DarkThrone… Comprenez par-là que si l’album éponyme de 2008 a été hautement qualifié alors que certains s’échinent encore à lui trouver de l’intérêt, Noregs Vaapen se distingue par une approche plus mélancolique, et peut-être même plus sinistre. Dès le premier morceau, des mélodies éparses trahissent avec subtilité un esprit presque Pagan dans les rythmiques. Mais n’attendez pas un paganisme à la
Eluveitie,
Korpiklaani ou je ne sais quoi d’autre. Ici, on pense plus à
Burzum, Helrunar et ce genre de groupes intègres.
Qu’on soit bien clair,
Taake reste
Taake, mais avec peut-être une certaine réminiscence d’un douloureux passé qui se fait sentir dans des passages relativement mélancoliques. Un violon vient même clôturer en beauté le premier morceau, lui conférant toute une tristesse pleine de beauté. Que les fans se rassurent, on n’est pas dans un album de Black sympho, mais bel et bien au beau milieu de l’univers de
Taake, cet environnement torturé et froid, parfois même maladif. Cet environnement malsain qui ne peut donner qu’une musique d’une extrême noirceur comme celle de ce nouvel opus. Et ici, on sent que Hoest tente d’innover un peu, tout en revendiquant ses fières racines.
Ainsi, une fois de plus,
Taake nous immerge dans un Black Metal sombre et froid. Un Black Metal qui sait où il va et qui prend tout son sens remis dans un contexte comme le monde actuel : néo-décadent, hyper-moderne, perfide… Mais c’est aussi un disque qui aurait pu avoir sa place dix ans plus tôt, et qui aura sans doute encore sa place dix ans plus tard. En s’ancrant dans les codes Black Metal,
Taake créé une musique qui se veut intemporelle et universelle, tout en étant le fruit de son époque. Ces atmosphères glaciales qui parsèment le disque ne sont pas anodines. Ces sinistres mélopées qui hantent ces guitares hargneuses ne sont que le reflet d’un monde perdu, noyé dans les ténèbres. Des passages instrumentaux ne sont là que pour permettre à l’auditeur de méditer et de lui proposer une introspection.
Malgré une production qui est vraiment bonne,
Taake arrive à nous faire parvenir la souffrance et la haine d’un monde en désuétude, laissé à lui-même… Eh oui, Dieu est mort, délaissant avec lui toute l’humanité…
Noregs Vaapen est un album qui s’écoute d’une traite. Véritable héritier des valeurs du Black Metal,
Taake se hissent en fier porteur de cette flamme qui ne s’éteindra pas de sitôt. Ce nouvel opus ne transcende en rien le genre, et il ne le réinvente pas, loin de là… Mais il prouve qu’on peut encore faire de bons disques de Black Metal à condition de le faire avec des tripes ! Ode à l’amour des nôtres, ode à la haine des autres.