Profitant du stand-by de
Dawn of Relic, le chanteur Ville Lind a rejoint une jeune formation nommée Seith. Ici, l'objectif est de mettre en musique le spleen à la finlandaise, et pour ça rien de mieux qu'un Dark Metal lorgnant vers des influences Doom, Death Mélodique ou même Post-Rock.
En 2008 sortait Alas, premier effort encore timide, mais qui laissait entrevoir un potentiel. Deux ans plus tard, Seith publie Artifacts & Entities, son second opus qui aurait très bien pu être un EP vu sa longueur (cinq titres dont une intro).
Souvenons-nous Alas: un opus aux belles mélodies, un "Hematoma" plus que sympathique... Seul un petit manque de constance venait assombrir le tableau qui avait pourtant tout pour plaire. Il semble que durant les deux années séparant ces albums, Seith ait eu l'intelligence de revoir la façon de structurer ses morceaux. Ainsi, avec Artifacts & Entities, le groupe nous propose une belle suite de morceaux originaux et accrocheurs, se jouant des limites des styles pour faire poindre sa personnalité.
Tout démarre avec une intro aux ambiances présentes, qui se développent sur "...Across the Water", l'un des premiers brûlots de l'album. On retrouve le chant de Lind, toujours aussi bien maîtrisé. Une nouvelle fois, les guitares offrent un panel de sonorités assez large, qui permet à la musique de Seith de jouer avec les atmosphères de ses morceaux. Très souvent, la mélancolie se prend d'amour pour un côté aérien, instrumentalisé via des effets très prenants sur les guitares.
Et que dire de cette basse, qui porte du bout des bras l'excellent "City of Menda", avec son riff groovy et pourtant expressif? Tout comme cette batterie, qui se met subitement à varier son jeu pour une approche un peu plus 'tribale' à la Sole Remedy... Vraiment, il semble que Seith ait pris le temps de faire mûrir sa musique, pour l'emmener à des années-lumières d'Alas.
Mais le mieux reste à venir, avec le saisissant "Pin in Alkaline". Ici, les finlandais ont osé faire tomber les barrières de leur style pour nous offrir près de sept minutes d'un Post-Rock aux magnifiques arrangements. Le risque a vraiment porté ses fruits, vu la façon dont se conclue Artifacts & Entities...
N'oublions pas de souligner le son de cet album. Contrairement à Alas, Seith a visiblement investi et Artifacts & Entities s'en sort plus que bien. Seul cet artwork peut être déroutant: on a du mal à faire le lien avec la musique, mais au moins ça change des pochettes noires!
On peut donc affirmer sans grands risques que les deux années séparant Alas d'Artifacts & Entities ont été très bénéfiques! C'est bien simple, Seith a pondu là un excellent album, varié, frais et maîtrisé. On sent vraiment une personnalité naitre, pour un style qui ose mélanger différents courants dont le but est d'aborder la musique avec un point de vue novateur. Du bon boulot!