Les cadavres se déguisent
Vous vous souvenez ? La moyenne d’âge du groupe était d’à peine 16 ans quand ils ont sorti leur premier album, Death Prevails ! Ces jeunes allemands ont tout de suite montré leur étonnante capacité à défier les plus grands ! Après un Burn After Reaping pas forcément des plus palpitants malgré quand même une démonstration technique plutôt impressionnante, Hackneyed revient avec son troisième album Carnival Cadavre. On a coutume de dire que le troisième album est bien souvent déterminant dans le futur du groupe, comme un couple après trois ans… Le chiffre trois est-il celui qui portera chance au groupe ?
Après une intro assez originale, les allemands envoient la sauce ! On retrouve ce Death Metal bien brutal avec le chant qui n’a guère changé et qui permet de reconnaitre le groupe rapidement. On est donc en terrain balisé, on retrouve nos repères sans grands problèmes, et ce n’est pas ce groove imposant qui viendra nous faire dire le contraire. Ce qui saute aux yeux, c’est la puissance de l’ensemble. Une production cristalline et lourde qui en impose et qui permet de booster les watts pour en faire ressortir le meilleur des basses pour un rendu très moderne et efficace. Evidemment, quand on sait que le groupe était signé chez Nuclear Blast, on sent que le label était derrière pour mettre tout en œuvre afin que tout soit bien propre et carré, du coup, ici, on retrouve cette manie pour la propreté. Pas question d’avoir des petits pains par moments ou des baisses de volume, sinon, ça sera invendable ! Si bien souvent une production irréprochable a tendance à dénaturer un peu la musique des groupes, notamment de Black Metal, ici, on peut dire que ça colle plutôt bien à la musique de nos jeunes deatheux.
Soyons honnêtes, la production n’est pas la seule responsable d’un tel impact sonore. Le groupe commence à maîtriser son sujet, et le déballage technique a un petit quelque chose d’intéressant dans tout ça.
Notons aussi les quelques breaks que l’on pourrait qualifier d’atmosphériques pour ralentir un peu la cadence et repartir de plus belle. La technique est simple, mais efficace. C’est même indispensable, sinon, je doute que l’on puisse s’enfiler un disque de cette trempe d’une traite… Là où l’album pêche un peu, c’est dans le manque de variété de la musique… Certes, on sent que le groupe fait des efforts pour varier, notamment lors de ces fameux breaks atmosphériques, mais d’un point de vue musical, il n’est parfois pas rare que l’on se fasse un peu chier. Et parfois au sein d’une même piste. Infinite Family par exemple propose le même riff répété et rien ne fait vraiment évoluer ce titre vers un truc plus palpitant. Et sur le premier album, l’alternance entre Death et Grind se faisait plutôt bien, ici, le côté grind a quasiment disparu. On le retrouve à quelques endroits, mais de manière discrète, et pourtant, il ajoutait un petit côté dérangé et psychopathe à l’ensemble, ça aurait bien collé au thème du carnaval des cadavres…
On peut donc dire que les allemands d’Hackneyed nous livrent un album plutôt satisfaisant ! Mais on ne retrouve plus tellement la fougue des débuts qui ajoutait un grain de folie à tout ça. Ce nouvel album se veut sans doute plus sage, plus conventionnel aussi peut-être. Malgré l’indéniable plaisir que l’on aura à l’écouter, il manque un petit quelque chose qui lui aurait permis de s’inscrire dans les disques de Death Metal incontournables de 2011.