Même si
Judas Priest commençait à se faire remarquer, le succès n'était pas encore exceptionnel, il fallait enfoncer le clou d'une manière ou d'une autre. L'option de l'album live se révélait intéressante, surtout que le groupe a eu un accueil exceptionnel au Japon, pays qui sait apprécier les groupes de hard rock (
Deep Purple et
Scorpions pour ne citer qu'eux ont déjà publié un live enregistré au Pays du Soleil Levant à cette époque, deux lives devenus mythiques).
En octobre 1979 sort cet
Unleashed In The East, à la pochette faisant la part belle à l'imagerie SM cuir et clou du groupe développé depuis
Killing Machine. Et musicalement, c'est une gifle. A cette époque, il était difficile de proposer un album live aussi radical, sauf que... Sauf que l'ensemble est bien trop propre pour être honnête. le groupe s'en est longuement défendu, avant d'admettre que quelques parties vocales ont été réenregistrées en studio. Mouais. On peut rester sceptique. Le son est trop parfait, trop too much. A croire que le groupe est en réalité en studio avec une dizaine de personnes pour exprimer leur satisfaction devant ce déluge tellurique. Bref, de quoi saquer cet album parce que bon, faut pas nous prendre pour des imbéciles non plus.
Mais...
Il y a un mais justement.
Les versions présentes ici sont tout bonnement très bonnes.
Exiter préfigure largement l'évolution du heavy metal vers le speed mélodique des années 80, avec une rythmique monstrueuse qui trente ans après nous fera toujours regretter
Les Binks derrière les fûts. Les compositions de
Sad Wings Of Destiny prennent ici une nouvelle dimension, moins pesantes, plus fluides. Cette version de
Victims Of Change est d'anthologie. Cet album est d'ailleurs largement représenté (quatre titres sur neuf, alors que cet album est sensé être un aperçu de la tournée de promotion de
Killing Machine), à croire que le groupe a voulu pointer du doigt les meilleurs passages et les nettoyer en leur donnant une vigueur nouvelle et plus au goût du jour.
Il est évidemment regrettable pour un album live de ne pas refléter l'ambiance d'un concert avec son public inexistant ou très en retrait, avec un
Rob Halford qui ne parle pas entre les titres, sauf pour les annoncer (quand il le veut bien). Pourtant, ce sera un succès pour le groupe qui pourra tranquillement travailler sur son prochain album : il se voit enfin récompensé pour tous ses efforts et il allait capitaliser sur ce succès en entrant de plein pied dans les années 80 avec
British Steel; Un album ultra connu. Pas forcément le meilleur. Dommage que le Priest ait du y laisser une partie de son âme pour cela.