Autant de combats menés avec rage, chargeant comme un phacochère l'ennemi façon Expendables, bourré de C4 comme Van Damme qui s'en va à la superette du coin et une conclusion sous forme de blague :
Zubrowska est mort et ce troisième album est sa stèle funéraire, sur laquelle apparaît en lettres grossièrement tracées au burin : « On déconne ! Regarde derrière toi abruti ! »
Si
Zubrowska est mort hé bien profitez de la vie les gars parce que ce n'est pas Jesus qui vous attend là-haut, mais la guerre à l'état pur.
Zubrowska Are Dead est un concentré de rage et de technicité comme ils savent en donner, à gros coups de grawls primaires et de blasts incessants, rassemblant un savoir-faire touche à tout impressionnant de maîtrise. L'impression de se retrouver face à un
Fugazi qui a bouffé du
Converge est toujours d'actualité, et la démence est le maître mot de titres résolument barrés et dopés au speed, comme en témoigne l’enchaînement des titres, dans la droite lignée de la bande à Bannon. De l'expression mélodique du Screamo,
Zubrowska peut en arriver à un délire d'autiste que
Daughters ou
Psykup ne renieraient pas, le second ayant en point commun ce chant clair si dé
saxé (mortelle « Satan Is Love ») et le premier un parti pris Noisy infernal (« Women Are Dead »). Baigné dans le Death jusqu'à s'en friper la peau, mais aussi partisan de la pause d'inspiration Post-Rock, Zubrowska est un groupe qui manie tout aussi bien la machette que le luth du poète, même s'il faut reconnaître que le second talent n'égale pas le premier, la portée de certaines parties claires étant souvent maigre, si l'on excepte « The memorial part II : first death experience », et ses lignes de basse à tomber par terre.
Zubrowska terrasse donc bien plus par sa sauvagerie qu'il ne fait planer dans ses moments de rêve. Cela vient en grande partie de son art du Math-Core mâtiné de Rock'N'Roll, qui met souvent la tête à l'envers, ainsi que de son Death technique très
Gorod dans l'exécution, les styles pratiqués étant toujours mêlés au sein du même morceau avec réussite, comme en témoigne « Wake me up when I'm dead » ou « I believe in ghosts » et son solo typé Death moderne. Cela n'empêche malheureusement pas certaines fausses notes, avec des titres qui n'accrochent pas des masses, la faute à un manque de riffs convaincants ou peut-être d'ambiances intéressantes, « Sleeping Rug » étant le plus significatif, court mais pas assez efficace malgré ses éléments Punk. L'atmosphère est en effet importante dans ce
Zubrowska Are Dead, elle donne une couleur à l'ensemble et un charme certain à un bon nombre de morceaux, comme « Leilah », très brutale et à l'inclinaison Black Metal légère mais réussie. Là où
Zubrowska fait mouche et excelle en définitive, c'est dans ce mélange détonant entre parties Post-Hardcore, Math-Core, Noisy, Death et éléments Post-Rock dans l'approche de certaines lignes mélodiques, d'ailleurs implantées avec audace et idée dans des blasts ou autres rythmes déroutants (« The memorial part I : Obsidian age » et « Wake me up when I'm dead »).
Zubrowska n'est certainement pas mort avec son faux
testament Zubrowska Are Dead, qui offre de quoi se sustenter pour de nombreux mois d'écoutes. Véritable défouloir véhément, claque technique et leçon de folie, ce troisième skeud est maîtrisé de bout en bout, malgré une seconde partie d'album moins intéressante que la première, qui fait baisser la note, et des éléments reposants peu communicatifs.. Quoiqu'il en soit le voyage est douloureux, démentiel et certainement jouissif. Zubrowska pour résumé, c'est de l'ectasy mis en musique.