Chthonic est peut-être le groupe de Black Metal asiatique le plus connu du grand public, pourtant, il est loin d’être le seul… Quoi qu’il en soit, il a vraiment réussi à sortir de ses contrées reculées pour nous arriver en France, et ce, depuis le Seediq Bale en 2005. Mirror Of Retribution avait fait un peu moins de vagues bizarrement. Mais nos taïwanais sont de retour avec un nouvel opus du nom de Takasago Army, et les fans devraient y trouver leurs comptes !
Ce nouvel album commence avec une superbe intro, épique, grandiloquente, digne d’un film ! Très vite, c’est ce mélange de Black/Death symphonique qui reprend le dessus, avec une production très puissante, et un chant bien énervé. Des éléments folkloriques font leur apparition dans la musique du groupe et ça donne un petit côté vraiment original et qui ne dénature pas forcément la musique. Au bout de quelques titres, on est sûrs d’une chose :
Chthonic connait son truc ! La musique est puissante, tout est bien calé, il y a une réelle interaction entre les musiciens, et surtout entre les passages plus folk et ceux plus Black Metal. Le chant caverneux et brutal vient ajouter une petite touche Death à l’ensemble, ce qui insiste bien sur les points forts de la puissance du groupe. Même les parties de basses sont plutôt bien faites, ce qui est rare dans ce genre de musique pour être souligné ! Et quand on voit qui est derrière la quatre-cordes, ça donne envie de s’initier un peu plus à la culture asiatique ! C’est en effet la belle Doris (qui a emprunté le ridicule pseudonyme de Thunder Tears pour l’occasion…) qui tient la basse et qui occupe aussi le poste de chanteuse additionnel.
Même si tout cela semble faire de ce Takasago Army l’album absolu, on en est quand même un peu loin. Voir ces personnages tout peinturlurés et avec des pseudos hilarant n’est pas sans jouer en la défaveur du groupe. Mais bon, ce n’est qu’un détail, soyons honnêtes. Ce qui est un peu plus dérangeant, c’est que
Chthonic semble être un peu le
Dimmu Borgir Asiatique, ou le
Cradle Of Filth taïwanais… Ce qui les différencie, c’est évidemment l’intrusion de musique folklorique au sein du Black Metal, mais de nombreux points nous rappellent ces deux groupes européens. Que ça soit au niveau des orchestrations grandiloquentes, ou encore des tentatives d’insérer du chant clair et du chant féminin, la production réglée au papier millimétré, etc. Quand on prend conscience de cette similitude, il devient difficile d’accorder de la crédibilité au groupe. Certes, ils ont quelque chose à prouver et le talent de composition n’est pas à mettre en doute. On appréciera particulièrement l’utilisation d’éléments ethniques parce que ça passe très bien. Et même sur la longueur, l’album finit par tourner en rond malgré une musique variée et riche.
Takasago Army est évidemment une pierre angulaire dans la discographie du groupe puisqu’il fait un pas de plus dans la violence et l’agressivité, tout en conservant sa marque de fabrique avec des éléments folkloriques. Pourtant, en limitant un peu les orchestrations ou en s’éloignant un peu des sentiers battus,
Chthonic pourrait avoir un son unique et vraiment pertinent. Pour le moment, il sort un album qui pourrait être très bon s’il était un peu plus personnel.