Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Ah
Symphony X! Grand nom du Power Metal à forte influences symphoniques et progressives depuis la pièce maitresse que représentait The Divine Wings Of Tragedy en 1997, ces fiers gaillards amoureux de la six cordes n'ont cessé de sortir bon disque sur bon disque, l'inspiration toujours aussi diablement présente.
Mais chaque groupe change avec le temps et gagne en maturité.
Alors qu'en est il du retour tant attendu de
Symphony X avec ce dernier opus (5 ans d'absence tout de même!)? Et bien a vrai dire, gagner en maturité ne signifie pas forcément gagner ses lettres de noblesse...
En effet, le groupe a changé. L'apogée symphonique et les véritables épopées musicales atteintes avec le sublime "V" sont belle et bien révolues. La musique du groupe est désormais plus direct, plus agressive. Le son de la 7 cordes du virtuose Michael Romeo est plus puissant, et ses parties de guitares s'axent désormais davantage vers d'imposants riffs thrash parsemés de solos dantesques, le bougre repoussant sans cesse la technique à chaque album (écoutez le solo de "Seven" et vous comprendrez), et délaisse plus le côté neoclassique tant chérie notamment sur The Damnation Game ou The Divine Wing Of Tragedy.
Cependant braves gens n'allez pas vous méprendre, on à pas affaire là à un remix de
Pantera. Les américains conservent leur statut de groupe à très forte tendance symphonique et théâtralement orchestrale. Pinnella, claviériste du groupe de son état, a toujours une place majeur et l'intro entièrement orchestrale de l'album montre bien cette tendance du combo.
Bon ben c'est bien beau tout ça mais en fait c'est pareil qu'avant quoi? Sauf que non. Une désagréable impression que le groupe ait voulu rendre leur musique beaucoup plus grand publique se dégage de l'album. Le son est synthétique, trop propre. Les structures de la plupart des chansons semblent toutes les même, exception faite à la très progressive "Walls Of Babylon", remplie de solo et virtuosités neoclassiques, et à la dernière pièce de 9 minutes, qui sont à vrai dire, 9 minutes d'ennui ferme. Les riffs, souvent par trop similaires ou anodins, lassent, ou du moins ne marquent pas assez souvent. Tout semble trop calculé pour donner une fausse impression de diversité. Ah tiens ça commence par une intro orchestrale, peu éminente d'ailleurs, puis après une fin en apothéose digne d'un lied de Malher, ça enchaine sur des notes de clavier pour introduire
Set The World On Fire. Une bonne chanson, ni plus, ni moins, avec un bon refrain bien épique avec des choeurs, un bon solo alliant côté rock'n'roll et shred et tout et tout... Domination, le morceau suivant, introduit par des lignes de basses reprises par la guitare (bien oui
Symphony X oblige), est dans la même veine, gros riffs thrash, avec un solo qui allie, encore, shred et côté rock'n'roll, une variation après et c'est reparti... The Serpent's
Kiss, le morceau le plus "Panterresque" de l'album, avec un solo bien déjanté comme il se doit, dégage lui aussi une effluve assez fade, et arrivés à ce stade, l'on commence à se demander si l'album va encore suivre dans cette voie.
Et bien là paff! Nous tombe sur la tronche une mielleuse ballade avec notes de piano en introduction et tout le tintouin. Avec un procédé aussi sot et surfait, c'est le comble de l'ennui. Heureusement
Symphony X reste
Symphony X, et comme à son habitude, sort toujours le genre de tube bombesque qui fait la différence. Et je dois bien avoué que Eve Of Seduction est de loin pour moi le meilleur morceau de l'album. Vif, puissant et inspiré, il saura combler le coeur du Power-Metalleux en quête de nouvelles sensations. Rajoutez y un solo herculéen et un refrain réellement poignant, et vous avez la recette, et j'ose, d'un des meilleurs morceaux de
Symphony X. S'ensuit une partie de morceaux quelques peu progressifs, dont Seven en est de loin le meilleur représentant.
Rassurés désormais, l'engouement de ces excellents titres laisse vite place à un dépit catatonique.
Symphony X l'impie osa d'un geste maladroit réintroduire après ces 2 morceaux de plus de 7 minutes une autre ballade. Heureusement, celle ci se trouve être après réflexion bien moins mauvaise, et, même si peu marquante aussi, pour le moins convenable.
Cette fin d'album se fera malencontreusement sans folies, et, bien que restant une bonne chanson, Revelation laissera l'auditeur dans une impression mitigée :
Cet album est-il alors raté?
Je serai tenté de dire que oui, mais il restera pour les fans de Power Metal un bon album, gardant le savoir faire de
Symphony X, techniquement irréprochable et disposant d'un panel de chansons travaillées et pour certaines très réussies, malgré cette impression toujours présente d'une volonté d'élargir son publique, au risque d'y laisser quelques fans.
Amoureux de
Symphony X le grand, le rayonnant, n'en attendez pas trop, mais qui sait, peut être saura t'il vous séduire?