Avec Divinity, leur précédent album, les espagnols de
Noctem avaient fait fort ! Un disque moderne et efficace qui combinait avec un certain savoir-faire Black Mélodique et Death Mélodique, tout en incorporant quelques éléments Thrash, voire même quelque peu hardcore. Pourtant, ce nouvel album s’annonce comme une grosse blague, ou plutôt comme un éloignement certain de ses ambitions premières…
L’aspect théâtrale est un élément important de la musique de Noctem, et on s’en rend bien compte à travers les photos promotionnelles du groupe qui sont toutes très soignées et pimpantes. On comprendra alors que ce nouvel album se concentre sur une musique plus mainstream qui se rapprochera des machines à fric qu’ont engendré certains labels Metal. Parce que si en soi, la musique du groupe semble très bonne, c’est parce qu’elle cible un certain public qui aime le Metal extrême. Ainsi, on retrouve un petit peu de Black, un petit peu de Death, un peu de Thrash, et bien sûr, on assaisonne le tout avec une grosse louche de mélodie, sans oublier une production cristalline pour cacher la misère et le tour est joué ! Alors tout de suite, on pense à Eyes Of Noctum, le fameux groupe de « Black ? » Metal du fils de Nicolas Cage qui a eu une promotion du tonnerre juste parce que le fils à papa jouait dedans, et au final, on a quoi ? Une véritable bouse sans nom dans laquelle on bon paquet de fric a été versé… Pour Noctem, il n’y pas le fils d’un célèbre acteur, mais on a trouvé un groupe capable de faire ce que le public attend. C'est-à-dire un truc soi-disant extrême, mais pas trop quand même histoire de plaire aux minettes et autres ados en manque de sensations.
Car c’est bien ce qu’on retrouve ici, un vague mix de
In Flames,
Dimmu Borgir et peut-être même
Machine Head, et le tour est joué. Au final, on a donc une musique puissance avec une grosse production hollywoodienne et rien dans le froc. Mais ça, ça fait fureur d’écouter un groupe presque inconnu et qui va conquérir le monde à coup de gros biftons ! Les ados adorent ! Ils adorent être les premiers à découvrir un groupe trop cool qui sera connu dans quelques mois comme étant l'un des meilleurs du monde. Et oui, ils auront eu leur CD avant tout le monde, yeah ! Avant que le groupe soit connu ! « Yo ! J’ai découvert ce groupe avant même qu’il soit connu ! » Ahah ! On a tous fait pareil avec
Rammstein ou Cradle Of Filfh, et au final, quand on voit ce que sont devenus ces groupes… Bon,
Rammstein a su remonter la pente avec son dernier album, mais là n’est pas la question.
Toujours est-il que Noctem enrobe sa musique de bien des samples, des trucs symphoniques gonflants, des mélodies aussi pompeuses que stériles. Une puissance qui n’a rien de naturel et qui donc s’essouffle au bout de deux titres… Les titres s’enchainent comme s’ils avaient été mis l’un au bout de l’autre comme ça, sans vraiment de logique, de toute façon, à quoi bon ? Ce sont quasiment tous les mêmes, avec le même schéma mais un schéma qui marche, alors pourquoi changer la recette ?
Avec Oblivion, Noctem nous livre son Black hypermoderne et presque futuriste qui devrait ravir une jeune partie des fans de Metal, mais sinon, on peut vite passer son chemin et aller fouiner chez un bon disquaire si on ne trouve pas autre chose à se mettre sous la dent… Ce disque sent le produit commercial à plein nez…