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Chroniques :: Chronique de Agony

Chronique de Agony

Fleshgod Apocalypse  - Agony (Album)

Symphony of destruction



En 2009, avec son premier album, Fleshgod Apocalypse a commencé à se faire vraiment remarquer sur la scène du Metal Extrême ! Avec son Death Metal brutal, technique et hyper-carré, les italiens ont vite attiré quelques convoitises…
Suite à un EP, un second album voit le jour : Agony. Et autant dire qu’il était attendu !

Les fans d’Oracles seront quelque peu déstabilisés à la première écoute, autant le dire tout de suite. Si ce premier opus laissait entrevoir une dimension épique assez poussée, Agony va bien plus loin en intégrant totalement à sa musique des éléments symphoniques. Si nous étions encore proches d’Hour Of Penance par le passé, ici, on se rapproche inévitablement d’Hollenthon et de son Death Metal grandiloquent et imposant. Avec Fleshgod Apocalypse, les aspects épiques sont encore plus marqués et mis en valeur par ces éléments symphoniques qui inondent l’album avec des torrents de mélodies puissantes et recherchées. Mais la petite nouveauté ne s’arrête pas là. Avec Oracles, on sentait déjà que le groupe avait quelque chose de relativement original à proposer pour du Death Metal Brutal. Ici, les italiens laissent les idées fuser en tous sens, allant jusqu’à intégrer des tonnes de samples et de chœurs en chant clair, tout en alternant évidemment avec les côtés plus brutaux et extrêmes du groupe. Le côté purement mélodiques des guitares est toujours là lui aussi. Outre le déballage technique assez imposant, on a droit à des soli de toute beauté qui se fondent parfaitement dans le paysage, et qui ne dénaturent en rien le côté grandiloquent. Certains passages comme vers la fin de The Imposition ont même quelque chose de très solennel que l’on retrouve chez Anorexia Nervosa ou The CNK. Pour faire simple, Fleshgod Apocalypse utilise les orchestrations avec un savoir-faire plutôt efficace et il les intègre très bien à sa musique.

Maintenant, la question qui inquiète tout le monde est de savoir sous quelle étiquette on peut ranger le Fleshgod Apocalypse cru 2011… Si on s’en fout un peu, il est vrai que la question mérite d’être posée… Il est évident que ces éléments sont assez originaux, que l’ensemble reste quand même très brutal sans être totalement Death Metal comme avant… Alors si on devait mettre une étiquette, ça serait sans doute quelque chose approchant de ‘Metal extrême et avant-gardiste’. Dans ‘extrême’, on peut ranger tout ce qui est un peu violent, et dans ‘avant-gardiste’, tout ce qui a des touches assez originales, symphoniques, ou autre, donc ça va plutôt bien ! Mais au final, on n’est pas plus avancé… En gros, les pistes sont brouillées, et il y a tellement de dimensions à prendre en compte que l’on en oublierait le côté épique qui n’est pas à négliger. On notera la fin de The Deceit qui fait la transition avec le titre suivant, et qui serait digne d’un Wagner !

Fleshgod Apocalypse a mis le paquet avec ce nouvel opus, on ne peut pas le nier ! Toujours est-il que le côté parfois pompeux des orchestrations aurait pu être mis légèrement de côtés à certains moments. Une place plus importante aurait pu être laissée aux guitares aussi pour plus d’impact. Hellhammer n’est pas derrière la batterie, mais en tout cas, ça martèle à mort et avec une précision du diable ! Mais là aussi, la place donnée à la batterie est trop importante. On a parfois même la sensation d’un duo batterie-orchestrations, avec parfois du chant brutal et des chœurs. Mais les guitares ne semblent là que pour poser un solo par-ci par-là, et au final, on les oublie un peu, ce qui est regrettable.

Agony est donc un monument avec son lot d’originalité qu’il fallait oser, avec sa production d’une puissance incomparable ! Mais Agony est peut-être aussi celui qui va déstabiliser les fans qui préfèrent plus de violence. Fleshgod Apocalypse veut peut-être en faire trop d’un coup, et sans quelques aérations épiques, sa musique aurait pu vite devenir ennuyeuse, bien qu’impressionnante.

(2) Modifier l'article
par Pit, le 18 août 2011
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Le saut de l'ange

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


La confrérie italienne, toujours menée par le charismatique Francesco Paoli (ex-Hour Of Penance) ressurgit de son temple barbare après avoir brillamment marqué les esprits avec un premier opus aux aspirations aussi vindicatives que raffinées. Une œuvre féroce et dominatrice forgée dans le plus robuste des alliages, qui reflétait les penchants les plus sombres et mystiques de ces esthètes transalpins grâce à un Death brutal et technique de très haute volée, fusionnant un radicalisme exacerbé et des teintes plus nuancées aux résonances néo-classiques. Des contrastes qui laissaient entrevoir un goût prononcé pour un certain esthétisme baroque, et qui démontraient des velléités évolutives encore latentes. De là à penser que le groupe allait ainsi transfigurer son répertoire et se jeter corps et âme dans la démesure quasi-cinématographique, il y avait plusieurs marches abruptes que l'on aurait osé franchir. Et pourtant…

Certes, l’excellent maxi Mafia sorti l’an dernier, nous avait clairement indiqué que Fleshgod Apocalypse ne comptait pas uniquement s’en tenir à une tournure si convenue du métal de la mort. Car même si Oracle faisait indiscutablement montre d’excellence, il demeurait somme toute contenu dans un espace purement traditionaliste. Une configuration qui le rapprochait d’éminents activistes tels que Hate Eternal ou Morbid Angel, et qui évoquait à juste titre de troublantes similitudes avec son grand frère Hour Of Penance.
Les italiens ont donc revu leurs ambitions à la hausse et exécutent ici un véritable saut de l’ange, passant purement et simplement dans la quatrième dimension avec cet édifice majestueux qu’est Agony. Si leurs propos était à la base strictement Death, ils ouvrent désormais grand les portes du grandiose et jouent sans aucune retenue la carte de la démesure orchestrale, exprimant ici leurs visions les plus excessivement lyriques avec une verve et une conviction saisissante.

Enrobé d’une production d’une puissance phénoménale, mais hélas, une fois encore ultra propre et dépourvue d’aspérités, Agony revendique toute l’étendue de sa grandiloquence en imposant un Death Metal hautement symphonique, où les orchestrations majestueuses quasi-"hollywoodiennes" ont désormais toute autorité.
Véritable fresque épique, l'œuvre impressionne dans un premier temps par la qualité époustouflante de ses arrangements lyriques, lesquels soutiennent une véhémence rythmique presque inhumaine et un souffle barbare toujours aussi palpable. Le groupe a visiblement souhaité conserver la folie dévastatrice et la vélocité ahurissante qu’il avait si brillamment su imposer sur Oracle, les morceaux étant majoritairement propulsés par l’hystérie de blast beats absolument impitoyables (The Hypocrisy, The Imposition, The Violation…). La différence aujourd'hui, tient au fait que cette folie est totalement diluée dans un océan de cordes et de cuivres; dans un dédale d’instrumentations rugissantes, qui il est vrai, masquent quelque peu l’impact des riffs qui semblent du coup légèrement moins élaborés et percutants que par le passé. Un choix risqué qui ne plaira pas forcément à tout le monde, soyons honnête.
Cette grandiloquence assumée et poussée dans ses derniers retranchements; cet aspect pour le moins emphatique et presque ronflant, ne pourra bien évidemment pas épargner à Fleshgod Apocalypse une comparaison inévitable avec les norvégiens de Dimmu Borgir, ainsi qu’avec les hédonistes helléniques de Septicflesh, mais également avec leurs compatriotes de Stormlord, notamment dans ces échos aux résonances parfois Heavy Speed Extrême, et dans cette propension à installer des climats grandement épiques et souvent chevaleresques. Cependant, l’ossature de l’œuvre demeure indéniablement Death, de par sa véhémence inouïe, son épaisseur et sa structure. Et c’est justement ce qui constitue l’une de ses qualités essentielles : sa capacité innée à conjuguer une barbarie totalitaire à couper le souffle avec un raffinement mélodique resplendissant à travers les interventions virtuoses d'une guitare lead aux éclats cristallins, et par de magnifiques envolées vocales dignes d’un petit opéra. Des solos et des refrains imparables tout en chants clairs s’inscrivant dans une tradition purement néo-classique, que ne renieraient pas certains protagonistes pourfendeurs de dragons officiant dans le registre Heavy Power symphonique.
Mais une fois encore, l’élément qui évite heureusement à Agony de sombrer dans l’accessibilité facile et rédhibitoire, est indubitablement cette frénésie quasi-sacrificielle dans l’exécution; cette volonté d’asséner un déluge rythmique effarant de rapidité, et ce désir de rester brutal et dévastateur quoi qu’il arrive (malgré quelques instants de grâce cristallisés par la lourdeur ténébreuse de The Egoism, et surtout par la majesté mélancolique du superbe The Forsaking).

En toute objectivité, on peut raisonnablement affirmer que ce monument de fureur esthétique constitue une pièce de choix sur le segment musical extrême, et dispose des atouts requis pour apposer son empreinte sur la scène Métal. Même si on peut pointer du doigt le côté propret de la production et un perfectionnisme poussé à l’extrême, occultant le radicalisme fulminant qui émanait du grand Oracle; même si ce nouveau manifeste risque de désappointer un auditoire avide de sauvagerie pure; même s’il n’a plus rien à voir avec la noirceur mystique des débuts, nul doute qu’il sera apte à séduire et même éblouir nombre d’amateurs de sonorités brutales et classieuses, par sa flamboyance mélodique, sa véhémence implacable, son inspiration de tous les instants, son impressionnante rigueur instrumentale, et bien sûr, sa fraîcheur épique stupéfiante.

Malgré un aspect légèrement pompeux qui pourra éventuellement rebuter les plus irréductibles, et cette impression de vouloir ratisser large en surfant sur une vague ayant déjà fait ses preuves dans la sphère Black/Death, on ne pourra pas retirer à ces furieux maestros la passion qu’ils mettent à l’ouvrage, et le fait qu’ils viennent d’enfanter une œuvre mature, personnelle, puissante et dotée surtout d’une grande force évocatrice.
Violence, grandeur, lyrisme et décadence…



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Commentaires


Voir les 2 commentaires précédents
Euh... ben mince alors. Je vois qu'on était tous sur cette chronique. Tant pis.
Sinon pour moi cet album est une très bonne surprise, même si quelques orchestrations semblent assez convenues ( "The Deceit"). En tout cas, il est clair que les fans d'Oracle vont vomir leur haine sur cet opus.

jeu. 18 août 11- 21:26  
Ceci-dit, je veux bien lire ta chronique aussi...

Eh bien dans ce cas je vais tâcher de la terminer au plus vite. C'est toujours agréable d'avoir plusieurs avis, même si ici je te rejoins sur la plupart des points.

jeu. 18 août 11- 21:34  
Tout à fait, même si vous avez les mêmes avis, c'est toujours intéressant d'avoir plusieurs chroniques !
ven. 19 août 11- 03:58  


Agony - Infos

Voir la discographie de Fleshgod Apocalypse
Infos de Agony
acheter sur Amazon
Sortie : 9 août 2011
Genre : Brutal Death Orchestral
Label : Nuclear Blast
Playlist :
1. Temptation (01:47)
2. The Hypocrisy (05:31)
3. The Imposition (04:58)
4. The Deceit (06:03)
5. The Violation (04:19)listen
6. The Egosim (06:22)
7. The Betrayal (05:31)
8. The Forsaking (05:37)
9. The Oppression (06:04)
10. Agony (03:34)
écouter : Ecouter l'album

Fleshgod Apocalypse

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