En ce début d'année 2000, les Bataves investissent une scène symphonique que l'on pensait sous la tutelle des Finlandais de
Nightwish.
Within Temptation avait ouvert la voie avec l'album
Enter et surtout avec le grand succès (fleur bleu)
Mother Earth.
After Forever, mené par
Mark Jansen, se glisse dans la brèche et sort son premier album,
Prison Of Desire.
La pochette, sans être trop chargée, suggère que le groupe ne se nourrit pas que de metal symphonique et qu'une approche gothique ne lui fait pas peur. Et effectivement, on retrouve cette ambiance particulière tout au long de l'album, parfois un peu étouffante. Cela se ressent particulièrement sur les parties lentes des longs morceaux, d'une lourdeur parfois désagréable. Mais
After Forever montre déjà du potentiel. Difficile de rester de marbre face à l'introduction
Mea Culpa qui donne le grand frisson avec ses choeurs où des voix masculines et féminines s'affrontent. Une mise en bouche idéale avant ce qui est peut-être bien le meilleur titre de cet opus,
Leaden Legacy, qui se déchire entre mélodie et agressivité, où le guitariste/chanteur
Sander Gommans donne la réplique à
Floor Jansen qui évolue dans un registre soprano capable d'évoluer vers quelque chose de plus mainstream. L'opposition entre le chant guttural et celui de Floor est particulièrement réussie. Dommage que le groupe ait la faute de goût d'y inclure un troisième style, des vocaux fortement typés black metal, ceux de
Mark Jansen qui sont en définitive plus agaçants qu'autre chose.
After Forever dépeint une fresque lyrique et tragique, avec des compositions en plusieurs parties, initiées dès
Mea Culpa en un ensemble semi-conceptuel nommé
The Embrace That Smothers, projet qui tient à coeur au leader du combo, Mark Jansen. Ce dernier continuera d'ailleurs l'histoire sur le premier album d'
Epica mais pour le moment, c'est une autre histoire. Et effectivement, les différentes parties de cette suite sortent indéniablement du lot, que ce soit les très bons
Follow In The Cry et
Yield To Temptation.
On appréciera également les interventions de
Sharon Den Adel de
Within Temptation sur
Beyond Me, qui apporte son savoir-faire (et indéniablement, un bon coup de pub). Cependant, on a du mal à être étonné par l'ensemble de ce disque qui, s'il a été bien écrit, ne sort pas du lot et reste clairement inégal. La production rend le son parfois grumeleux là où il nécessiterait plus de fluidité et certains passages n'en deviennent que plus prétentieux.
Prison Of Desire est un premier album honnête, sans tutoyer le génie. Peu modeste, souvent trop chargé, le disque saura toutefois séduire les amateurs du genre grâce à un chant plein de conviction et quelques parties de haute volée. Un brouillon qui montre déjà de belles choses. Le public le plus exigeant risque en revanche de ne pas trouver son compte ici.