En 2000,
Nightwish est la nouvelle coqueluche du monde du metal avec l'album
Wishmaster. Le groupe tournera d'ailleurs beaucoup pour promouvoir cet album qui devait façonner leur destin et un DVD était annoncé pour célébrer une année faste à tous ls niveaux. Pour faire patienter les fans, Spinefarm nous balance cet EP. En Finlande, il ne comprenait que les quatre premiers titres, dans le reste de l'Europe, la set-list s'allongeait de six titres live avec plus ou moins de bonus selon le pays (donc merci d'arrêter de prendre les fans pour des cons qui débourseront une fortune pour réunir toutes les version possibles, surtout que les albums ont connu une remasterisation très rapide).
Le plus intéressant réside bien évidemment dans les quatre premiers morceaux. Dès les premiers accents celtes de la chanson titre, on reconnait bien sûr l'une des plus grandes réussite de
Gary Moore. Pour l'appréciation, plusieurs points de vue sont possible. Si l'on aime juste les mélodies, on est confronté à un tube en puissance avec une
Tarja très en forme qui livre une très bonne prestation, confrontée à un clavier très (trop ?) présent. Quand on aime la guitare et/où quand on connait la version originale de cet hymne, on peut ressentir une certaine déception. On ne retrouve pas le surcroît d'âme qu'apporte Moore à sa chanson, ni son toucher au niveau de la guitare (je l'affirme :
Emppu est un guitariste relativement basique dans son genre). Bref, ça pourrait être un morceau typique de Nightwish vu que
Tuomas se l'est entièrement approprié aux claviers.
En revanche,
10th Man Down est une réelle bonne surprise. Si ce titre commence doucement (par une séquence repiquée par le TV française pour le lancement de TF6) avant de partir sur un mid tempo pour les couplets sur lesquels Tarja aborde une voix bien plus posée et sombre que d'habitude avant des refrains qui vous prennent aux tripes. La section rythmique est tout simplement énorme, la guitare s'impose bien plus que d'habitude et le son est bien plus sec. L'intrusion de la voix masculine, à la
Kinslayer, est un pur délice, la confrontation avec Tarja étant la bienvenue. Un morceau qui n'aurait pas démérité sur
Century Child, bien au contraire !
Pour
Away, Nightwish nous offre un ballade toute en douceur où la voix de Tarja est exemplaire. Puissante, elle semble porter la mélodie à elle seule. On attend toujours une explosion qui ne veut pas venir et on se retrouve avec un bon titre, plus inspiré que bon nombre de ballades de Nightwish (un point faible chez ces Finlandais). On s'attardera rapidement sur la nouvelle version d'
Astral Romance qui ne diffère pas franchement de la version originale figurant sur
Angels Fall First, on notera simplement que les vocaux masculins sont interprétés par
Tony Kakko de
Sonata Arctica et qu'il y a du mieux par rapport à Tuomas même si on ne trouve toujours pas le romantisme suggéré dans la chanson.
Quant aux morceaux live, il s'agit évidemment de titres issus du
From Wishes To Eternity, titres choisis astucieusement pour contenter tout le monde, allant de la ballade à des passages bien plus péchus. On ne s'y attardera pas énormément dans cette chronique, on précisera juste que le son est bon, que Tarja est impressionnante et qu'elle en ressort anoblie, un rang de reine qui lui va bien.
Un EP sympathique, mais un peu surfait. Des bons titres que l'on aurait préféré découvrir dans le contexte d'un album mûrement pensé et où ils auraient pris en ampleur. Over The Hills And Far Away, c'est finalement l'EP idéal pour découvrir le Nightwish de 1997 à 2000, un groupe qui venait de passer le plus intéressant de sa jeune carrière. La suite ne sera pas franchement au diapason.