Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Morbid Visions

Chronique de Morbid Visions

Sepultura  - Morbid Visions (Album)

 4 
10

Cocktail épicé



Dans un shaker, versez une dose de Slayer première époque, goût Show No Mercy, deux doigts de Celtic Frost des caves Hellhammer, versez généreusement du Venom et saupoudrez d'une touche de Bathory. Secouez. Si le mélange ne vous pète pas à la tronche, vous obtenez Sepultura, époque Morbid Visions. Faisant suite au split avec Overdose, Bestial Devastation, ce premier véritable album jouit peut-être d'un logo mieux maîtrisé mais d'une pochette bien moche, style Hell Awaits en pire. Bon, c'est pardonnable, le groupe étant particulièrement fauché et n'ayant pas encore les moyens de se payer un véritable artiste pour les jaquettes (ni pour se payer tous les instruments : Igor Cavalera a joué pour la première fois sur une vraie batterie en studio, la "sienne", à cette époque, n'étant faite que de bric et de broc).

Musicalement, le résultat est à peine plus audible que pour Bestial Devastation. Le son reste très underground, très brouillon aussi, n'ayons pas peur des mots. En 1986, Sepultura est un groupe rageur, qui déverse froidement sa colère sur des morceaux très courts, sans subtilité ni intrusions d'instruments traditionnels. Quelqu'un qui ne connait de Sepultura que la période allant de Arise à Roots et les albums avec Derrick Green au chant risque d'être vraiment surpris par la barbarie du groupe d'alors. Teinté d'occulte, la musique de Sepultura évolue vers un thrash sans concession, tirant fortement sur le death et ayant même quelques connotations proches du black metal de Quorthon.

Si ce disque est certainement un des maillons essentiels dans l'apparition du death metal tel qu'il l'était à la fin des années 80, il n'en demeure pas moins un album déroutant et pas franchement bon : banalité des riffs, jeu de batterie proche de l'inexistant, vocaux dégoulinant de fiel mais encore mal maîtrisés... Morbid Visions souffre grandement de l'impulsivité de la jeunesse. Les musiciens se contentent d'envoyer la sauce le plus violemment possible, en oubliant de délivrer un solo digne de ce nom. Si certains morceaux comme Troops Of Doom ou Crucifixion sortent indéniablement du lot (le premier sera rejoué par le combo brésilien quelques années plus tard avec Andreas Kisser pour un résultat encore plus probant et le second est viscéralement malsain, dans un esprit vraiment proche du black metal), le reste ne mérite pas que l'on s'arrête dessus. Certes, c'est bourrin, ceux qui apprécient quand ça rentre dans le lard pour rentrer dans le lard avec une production bien grumeleuse et underground seront comblés. Ceux qui cherchent la précision du Sepultura post Morbid Visions en seront pour leurs frais.

Morbid Visions est un aperçu d'une époque vite révolue pour Sepultura, le temps de remplacer Jairo T par Andreas Kisser qui apportera énormément au groupe. Une époque où les Brésiliens voulaient jouer plus rapidement, plus fort, d'une façon plus extrême que de nombreux groupes qui s'étaient déjà imposés à ce moment. Une démarche proche de celle du Sodom des débuts en somme. Pour ceux qui veulent se lancer dans l'aventure, la version remasterisée de Roadrunner propose en supplément l'EP Bestial Devastation pour un prix souvent modique. En revanche, certains pourront dire sans trop avoir à en rougir que c'est beaucoup de bruit pour presque rien.



Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires




Morbid Visions - Infos

Voir la discographie de Sepultura
Infos de Morbid Visions
acheter sur Amazon
Sortie : 10 novembre 1986
Genre : Death Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Morbid Visions (4:39)paroles de Morbid Visions
2. Mayhem (3:37)paroles de Mayhem
3. Troops of Doom (3:23)à écouter en premierparoles de Troops of Doom
4. War (5:34)paroles de War
5. Crucifixion (5:04)à écouter en premierparoles de Crucifixion
6. Show Me the Wrath (3:54)paroles de Show Me the Wrath
7. Funeral Rites (4:24)paroles de Funeral Rites
8. Empire of the Damned (4:25)paroles de Empire of the Damned
écouter : Ecouter l'album

Sepultura

Albums chroniqués :
Chronique de Machine Messiah
Machine Messiah
2017

Chronique de Kairos
Kairos
2011

Chronique de A-Lex
A-Lex
2009

Chronique de Dante XXI
Dante XXI
2006

Sepultura
Sepultura
Voir la page du groupe
Création : 1984
Genre : Thrash Metal
Origine : Brésil

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Omen
Omen
2010

Chronique de Conquer
Conquer
2008

Chronique de Dark Ages
Dark Ages
2005

Chronique de 3
3
2002

Soulfly
Soulfly
Voir la page du groupe
Création : 1997
Genre : Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Metallica
Metallica
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Slayer
Slayer
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Megadeth
Megadeth
Voir la page du groupe
Création : 1983
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Seven Years...
Seven Years...
2009

Chronique de Beyond the Mirrors
Beyond the Mirrors
2008

Broken Mirrors
Broken Mirrors
Voir la page du groupe
Création : 2007
Genre : Thrash Metal
Origine : France


Testament
Testament
Voir la page du groupe
Création : 1983
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Orphée
Orphée
Voir la page du groupe
Création : 2003
Genre : Thrash Metal
Origine : France