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Chroniques :: Chronique de Casus Luciferi

Chronique de Casus Luciferi

Watain  - Casus Luciferi (Album)

Génocide du sacré



Nombreux sont ceux ayant connu, et commencé à vouer un culte à la horde suédoise avec le populaire Sworn To The Dark paru en 2007. Un disque d’une qualité indéniable, qui a rempli en bien des points les exigences d’une grande majorité d’amateurs de musiques extrêmes, permettant ainsi au groupe de révéler son art au plus grand nombre, et de répandre son message maléfique à travers le monde.

Pourtant, et bien avant que les lumières aveuglantes de la reconnaissance ne viennent éclairer et pervertir son obscurantiste pureté, Watain, alors reclus dans l’ombre de ses rêves de domination et nourri par la flamme dévorante de son adoration satanique, a mis au monde le sulfureux Rabid death’s Curse, et surtout, cet acte de perversion absolue qu’est Casus Luciferi, témoignage fanatique d’une dévotion exacerbée envers les puissances diaboliques régissant le monde d’en bas.

Véritable fournaise sonore, cet opus révèle de manière éclatante l’essence même du Mal et de la perversion. D’obédience purement orthodoxe, on pourrait aisément représenter cette expression du chaos comme le fruit d’un accouplement pervers entre les harmonies mutilatrices de Dissection et la folie sacrificielle et incantatoire d’Ondskapt, tant les deux facettes de ces émissaires des ténèbres cohabitent et se renforcent mutuellement, pour une finalité des plus délétères.

Ce hurlement insurrectionnel façonne ainsi un florilège d’émotions à la fois terrifiantes et infiniment glauques : dès les accords infernaux du premier rituel Devil’s Blood, nous sommes enlevés, séquestrés, puis condamnés à errer dans un monde qui n’a rien d’un monde meilleur. Un univers en noir et blanc où tout n’est qu'obscurité, isolation et solitude, et d’où l’on peut contempler avec une satisfaction pétrie de dégoût, dans des bas-fonds sordides à l’opacité presque insondable suintant la mort et exhalant la puanteur des chairs en décomposition, les ruines encore fumantes de l’humanité.
Les riffs sont de véritables flammes qui semblent remonter des plus ténébreux abysses. Ces pernicieuses mélodies; ces enchaînements diaboliques; ces reflux harmoniques macabres et décadents; ce chant sinistre et malveillant, témoignent à n’en point douter d’une illumination dans l’écriture, qui ne saurait se révéler seulement le fruit d’une simple volonté humaine. Une transe malsaine aux allures de danse orgiastique, qui n’aurait manifestement pu avoir un impact si puissant sans ce sentiment d’exaltation unique; sans cette sensation de foi morbide qui transpire le fanatisme le plus passionnel.

Bien évidemment, certains pourront arguer que la musique pratiquée ici est d’un classicisme patent, indigne de tant de louages. Ils n’auront certainement pas tort sur le premier point, ce disque se voulant effectivement très conservateur, mais il est des sentiments qui ne peuvent rationnellement trouver de justifications, et la seule raison qui les amènera à tirer cette conclusion, sera celle d’avoir été trop hermétiques pour ne pas s'être sentis happé par cette force d’attraction tentaculaire.
Ici, la créature immonde apparaissait en tous les cas bien plus mystique, bien plus fascinante, et surtout bien plus dangereuse, ne portant pas encore le masque qui hélas, allait inhiber cette prodigieuse sensation d’authenticité avec les œuvres suivantes.

Édifice barbare érigé à la seule gloire des ténèbres et de l’agonie du monde des vivants, Casus Luciferi retourne la croix du mensonge, soufflant son haleine fétide puis crachant son venin mortel au visage du divin. Œuvre insurrectionnelle se faisant l’une des plus brillantes incarnations d’une rébellion et d’un désastre à venir, il constitue également l’une des plus justes expressions d’un mépris ardent envers le souffle humain.
Guidé par une pétrifiante fureur annihilatrice, Watain a tout simplement ciselé ici un génocide du sacré, et ainsi, dressé l’échafaud d’une civilisation aussi abjecte que présomptueuse.



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Commentaires


Merci Neptune pour la chronique.
Me voila maintenant obligé d'acheter cet album !!

lun. 4 oct. 10- 22:06  
Mais de rien. Je pense que tu ne seras pas déçu !
lun. 4 oct. 10- 22:33  


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