Au gré des instincts subjectifs de chacun, il était possible d'envisager Antithesis, quatrième véritable album des américains d'
Origin, comme l'expression impénétrables et démonstratives d'un talent atypique. Car, en effet, si certains avouaient ne pas parvenir à apprécier pleinement ce monolithe compacte, nul n'en niaient les qualités de vélocité, de virtuosité et de technicité qui en faisait l'un des symboles de ce Metal de la mort à la brutalité, à la rapidité et à la férocité délicieusement nouvelle et délicieusement renforcée. Icone incontestable de cette mouvance plus agressive,
Origin se devait de confirmer.
La complexité de la tâche qui s'offrait alors au groupe était soudainement accrue par le départ de son chanteur emblématique au débit si impressionnant, James Lee. Remplacé un temps par Mica Meneke (ex-The Faceless),
Origin décidera finalement de se passer de lui et de se concentrer sur ses propres forces. C'est donc Paul Ryan et Mike Flores qui, en plus des parties guitares et des lignes basses, assureront les chants de ce nouvel effort.
La décision est d'autant plus courageuse que l'alchimie qui donne toutes ses vertus à un univers créatif est souvent constitué de nombreux éléments pouvant apparaitre comme insignifiants pris séparément, mais qui conjugués les uns aux autres donnent toutes ses saveurs à une expressions artistiques. Le bouleversement d'un seul de ces détails peut parfois abimer un équilibre précaire et briser pour toujours une excellence durement acquise. Et comment se définis plus précisément un groupe sinon par son chanteur? Et combien de formations ont disparues suite à la perte d'un musicien aussi fondamental?
Nos craintes étaient donc légitimes. Elles se devaient impérativement d'être apaisée par la sortie de ce cinquième album répondant au nom d'Entity.
D'emblée il faudra souligné que ce nouvel effort s'inscrit, principalement, dans la continuité de son prédécesseur. Vif et virulent, technique et rapide, fort et intense,
Origin aura décidé de ne pas s'exprimer en des tentatives inutilement audacieuses. Sur les fondations solides de ces œuvres passées récentes, il bâtit donc un nouvel opus dédié à l'excellence (les superbes Conceiving Death, Swarm, Saligia, Banishing Illusion...).
S'agissant de ces nuances que Paul Ryan et ses comparses auront subrepticement disséminés sur ce Entity, évoquons donc quelques morceaux aux accointances quelques peu moins familières pour ce groupe. Parlons donc de Committed aux sonorités de guitares dissonantes assez particulières. Citons aussi un You Fail aux influences Black Metal assez notoires. Décrivons encore l'exceptionnelle Consequence of Solution qui, de ces multiples facettes, ne pourra laisser indifférents les adeptes les plus réfractaires aux progressisme tant il nous propose de nous égarer en des lieux délicieusement différents.
L'album s'affirme donc comme l'union d'une perfection affichée et d'une subtilité aux nuances, certes, infimes mais réelles. Et dans l'inévitable analogie qui devra l'amener face à Antithesis, il sera ardue de lui trouver quelques défauts susceptible de la départager de son illustre prédécesseur. Seul son aspect moins propice à la surprise pourrait, éventuellement, la rendre moins déterminante. Il est clair qu'avec Antithesis,
Origin était attendu. D'ailleurs, il est claire aussi qu'avec Antithesis et Entity,
Origin le sera davantage encore.
Ceux qui auront été pleinement séduit par les attraits d'Antithesis le seront, une fois encore, par ceux de ce Entity. Quant à ceux qui y furent insensible, il est à craindre qu'ils ne soient pas davantage conquis cette fois ci. Dans tous les cas, à nouveau, nul ne pourra nier les redoutables aptitudes de ces musiciens remarquables.