Egaré dans les affres déchirants de sa psyché complexe, égocentrisme exagéré pour certains, génie pour d’autres, Timmo Tolkki décida, après de nombreuses déconvenue plus ahurissantes les unes que les autres, de rompre ce lien intense qui l’unissait à ces camarades de
Stratovarius. Perdu dans les abimes mystiques de son esprit tortueux, il finit pourtant par revenir avec ce mystérieux
Revolution Renaissance, annoncé préalablement par d’énigmatique messages médiatiques estampillés des simples lettres ‘‘R R’’. Si le messie finlandais déclarait, à qui voulut bien l’entendre, que cette renaissance révolutionnaire s’annonçait comme le renouveau le plus accomplis, puisés aux sources originelles les plus semblables de ce que fut l’art le plus remarquable de son
Stratovarius, il dut attendre de nombreux mois, où se succédèrent à un rythme effréné nombres de déboires mystico-médiatico-juridiques, avant de pouvoir nous proposer, à nouveau, l’expression de sa créativité.
Incontestablement ce temps passé est handicapant. Il sème sur ces titres qui furent, apparemment, composés de longue date, un embarrassant passéisme. Ce vernis poussiéreux, au sein d’un paysage Power mélodique où les nouvelles sensations naissent, et meurent, dans un ballet incessant donnant un factice sentiment de renouveau, accable inévitablement l’œuvre.
L’entité artistique cristallisé autour de Timmo est composé de plusieurs chanteur, à savoir Tobias Sammet (
Edguy,
Avantasia) Pasi Rantanen (Thunderstone) et le sempiternel
Michael Kiske (Ex-helloween) qui n’en finis pas de faire son retour depuis la miraculeuse résurrection qui le sortit de sa torpeur autistique, lui faisant poussé d’horrible grognements à la simple évocation de ce ‘‘ Metal’’ duquel il voulait oublier les fervents adeptes incapables de comprendre son ‘‘délicieux’’ éclectisme. L’
hydre à trois têtes ainsi crée, s’il a indéniablement des qualités, nous offre un résultat apparaissant forcément comme décousus. Le manque de cohésion qui en résulte rejaillit inexorablement sur un album. Le sentiment d’avoir à faire à une entreprise approximative, servis par des aspirations inachevé, devient alors prégnante.
Pourtant la véritable escroquerie de cette œuvre réside ailleurs. En effet, au-delà même de son contenu hautement soporifique elle vit au cœur de cette promesse, apostolat de départ, non tenu. Non,
Revolution Renaissance n’est pas le meilleur prolongement de
Stratovarius. Il en propose même l’image la plus blafarde. En effet loin des rythmes enlevés, affranchi des claviers caractéristiques et sans l’emphase orchestrale et chorale de son homologue, le nouveau projet de Timmo Tolki nous en offre une version bien insipide. Ce succédané nous apparait alors comme incolore. Et outres quelques moments appréciables manquant, tout de même, singulièrement d’intensité et d’amplitude, le tableau est pénible (Heroes, I Did It My Way ou We Are Magic). Malgré les évidentes bonnes volontés de ces titres modestement intéressants, où l’on reconnaitra tout de même les influences bien trop caractéristiques d’autres acteurs (tels que par exemple
Edguy,
Axel Rudi Pell et, bien évidemment, subrepticement
Stratovarius), le propos de ce New Era s’enlisent invariablement des les méandres de morceaux aux tempos pesant, à la créativité fade et, donc, pour l’auditoire harassé par tant de souffrances, à l’ennui (
Angel, Eden Is Burning, Born Upon The Cross, Keep The Flame Alive…).
Toutefois l’escroquerie de cette annonce mensongère pourrait être pardonnée pour autant que le contenu de ce disque soit à la hauteur des espérances artistique, et qualitative, né du talent louable du virtuose guitariste finlandais. Ce qui n’est véritablement pas le cas.
Notons au milieu de ce désastre laborieux que seul un Glorious & Divine véloce vient nous éveiller de cette léthargie dans laquelle nous abandonne ce New Era. Malgré sa filiation étroite avec ceux d’
Edguy, ce titre parvient, in extremis, à ne pas condamner nos derniers espoirs.
Ce New Era, reflet poussiéreux et sans inspiration, se complait donc dans un propos sans âme. Se vautrant dans la boue d’une expression sans fond, il néglige même, dans un outrage ultime, d’en soigner la forme. De cette musique mélodique fastidieuse, Power inefficace et lourds, il fait naitre de douloureuses interrogations quant aux capacités créatives d'un Timmo essoufflé. Une renaissance qui n’a donc rien de révolutionnaire.