Ex Outlander,
Outcast fait partie depuis trois ans de cette scène underground parisienne, qui par le passé, a déjà su plus d’une fois nous montrer sa richesse. Déjà un album et une démo ont précédés celui-ci, sur lesquels le style du groupe a été quelque peux mouvant ; mais il a prit dans cet album l’allure d’un thrash death aux lignes clairs et épurées, aux accents black et indus. On est clairement dans la lignée de
Gojira, mais dont les accents élecro sont remplacés par un son plus dur et plus froid, sans concession. Les riffs sont ciselés avec précision et netteté, les mélodies fluides ; au contraire du chant exceptionnellement growl, lourd et sombre à souhait.
D’ailleurs le contraste est véritablement frappant entre les deux aspects de la musique : d’un côté le mitraillage à la double pédale, les hurlements du chanteur, et de l’autre la finesse des mélodies intercalées, avec spéciale dédicace à
Materia Prima, petit chef d’œuvre instrumental d’une douceur angélique, intercalée entre les superbes
Collapsed into Oblivion et
Hysteria, aussi agressive l’une que l’autre. C’est le concept qui est repris à peu près dans chaque chanson, l’intercalation de lignes mélodiques clair, souvent très brève, au beau milieu du son thrash death.
Le curieux ajout d’un très court passage un peu jazzy, entre deux riffs, sur
Reversal, est par contre une idée assez curieuse ; le passage brusque à l’aigu est déconcertant, inattendue. Mais c’est l’un des point des plus fort de l’album : pouvoir nous surprendre à tout moment, par des compositions se décalant brutalement de la ligne globale.
S’il ne s’agit donc pas d’un death old school, à la
Cannibal Corpse, la violence n’en est pas moindre. Simplement le côté lourd et malsain est remplacé par une dureté froide, un son tranchant et incisif qui n’en est pas moins efficace. Les riffs sont véritablement excellent, d’une simplicité et d’une efficacité redoutable. Les effets rythmiques sont exploités à fond, parfois superposés imbriqués, parfois suivant, parfois guidant le chant à travers l’univers de ténèbre qu’est l’album. Du vrai travail d’orfèvre.
A écouter donc, et à recommander, mais l’écoute de cet album nous laisse quand même un goût amer. Car si on est heureux de voir que la France est capable de produire de tels musiciens, on enrage de savoir qu’il y a fort peu de chances que le groupe arrive à s’extraire de la scène underground, pour atteindre le niveau international qu’il mérite largement. A moins de quitter un pays où les opportunités sont bien rares pour les groupes de metal…