Alors là, soit cet album est un délire totalement assumé, soit Wolfhead ne sait pas ce qu'est la cohérence. A la vue de la pochette on pouvait en effet s'attendre à tout sauf à ce qu'on nous parle de Vikings et de Hobbits. Et c'est donc ce que fait le groupe, se baladant de thèmes en thèmes avec une énergie Hard Rock qui ne tarde pas à révéler un beau petit monde derrière, preuve s'il en est que Wolfhead ne maîtrise pas encore son jeu.
L'on peut en effet tout aussi bien goûter à une espèce de Hard Rock Punk à la
Motörhead sur « Cul De Sac », fadasse au possible, qu'à du Doom très (trop) banal (« Doomed Faith ») tout en plongeant dans une épopée Metal Prog Viking plutôt réussie (« Sons Of Asgard »). Ce pot pourri de styles plonge vite dans la perplexité et l'on ne se demandera pas pourquoi. En alignant une suite de morceaux dont le seul lien est la voix du chanteur – sauce oldie garantie – Wolfhead ne se montre pas, et ne donne pas l'impression d'être une entité à part entière. Que ce soit au niveau des riffs en effet, peu convaincants, ou des mélodies tout bonnement, la formation ne fait pas lever le cil, et un flingue sur la tempe en plus ne donnerait même pas envie de le faire.
Pourtant le groupe possède un certain cachet par instants, notamment sur «
Journey By The Shaman's Hand », dont le côté mystique fonctionne tout en fusionnant avec un Rock simple mais efficace et dont le passage central, très atmosphérique et psychédélo-forestier, est superbe. On retrouve d'ailleurs ces sonorités qui nous caressent l'oreille sur le titre éponyme, vraiment très sympathique, rappelant dans ses percussions et instruments annexes l'ambiance d'un Wardruna, le chant et le Rock en plus. Malheureusement, ce qui donnerait un semblant de personnalité et de saveur à cet album n'est pas assez exploité, que ce soit au niveau des soli à l'esprit résolument 70's ou au niveau des intermèdes psychédéliques et Ambient du plus bel effet. On se retrouve donc avec un album aux idées peu claires, qui lassera vite en dépit de quelques idées attirantes. La reprise de l'immortelle « Wish You Were Here » des Pink Floyd, est quant à elle une bonne surprise, car l'harmonica et le léger solo se marient bien à cette guitare – restée sensiblement la même question son – coupée de toute batterie, donnant alors au titre plus d'intimisme.
Un premier album bien médiocre donc, malgré cette reprise et ses deux morceaux très bons. Wolfhead joue simple, mais tellement simple parfois qu'il ennuie et qu'il nous amène à nous demander « what the fuck ? » - je pense à « Cul De Sac » encore. Si l'intention du groupe était de se poiler, l'objectif est là aussi annihilé par les ambiances très sérieuses qui se dégagent du titre éponyme et de «
Journey By The Shaman's Hand », dont les idées auraient permis à cet essai de décoller. Aussi attend-on de Wolfhead qu'il nous raconte une histoire de son cru, mais que cette fois-ci le LSD apportera des visions piochées dans un thème précis et non dans un foutoir sans intérêt.