Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Après un
In The Nightside Eclipse marquant le début de l'ère Impériale puis un Anthem To The Welkin At Dusk les ayant propulsés au sommet du metal extrême,
Emperor, loin de se fatiguer, nous sort donc un 3ème pour le moins attendu... et quel album!
Loin de reproduire un 2ème "Anthem...", la bande d'Ihsahn commence l'album en trombe avec la désormais célèbre "Curse you all men !". Aucun doute, c'est du
Emperor, ce grain de folie alliant grandiloquence wagnerienne et violence propre au black metal. Néammoins, le groupe évolue constamment et cette production est bien différente des deux précédents chef d'oeuvres. Le son des guitares se fait plus massif, plus percutant, et prend plus d'ampleur sur le clavier qu'auparavant. D'ailleurs, ce dernier use beaucoup moins de nappes de claviers propres aux deux précédentes productions pour se concentrer dorénavant bien plus sur des orchestrations envolées et lyriques (sans toutefois les délaissés). Les compositions se veulent plus travaillées, ornementées de nombreux détails et alliant le jeu guitare/orchestration de manière magistrale.
Si je devais résumer l'ambiance qui se dégage de cet album, j'emploierais les termes "romantique" mais aussi "baroque" et évidemment "impériale". La superbe "An Elegy of Icaros" traduit à merveille le premier terme, commençant par une courte introduction orchestrale pour le moins romantique et fantaisiste, suivie par un morceau aux diverses teintes, aux riffs alambiqués, parfois tragique, parfois délicieusement empreint de romance et de beauté. Ainsi l'album est grandement varié et de bien diverses couleurs, en gardant toutefois toujours la même orientation. Certains morceaux sont ainsi bien plus brutaux et directs, à l'instar de "The Source Of Icon E", où les Empereurs se permettent quelques vocalises très "heaviesque", ou encore "Warriors of modern death", surement la chanson la plus death de l'album, où, à notre étonnement, la guitare nous envoie des solos endiablés de très bon crus, mais à dix milles lieues du black metal, preuve encore une fois de l'éloignement de plus en plus marquant d'
Emperor de ce style. Les morceaux s'enchainent délicieusement tout le long du disque et nous offrent tous une preuve du génie incroyable des norvégiens et de leur superbe sens de la musique.
Néammoins, une intro qui aurait gagné en développement et un côté peut être moins magistral et épique place cet album en dessous d'Anthem, mais il n'en reste pas moins une excellente production qui aura su renouvelée la discographie d'
Emperor.
Pour conclure, fan d'
Emperor et fan de metal tout court, cet album se doit d'être écouté. De la première note jusqu'aux mystiques arpèges d' "Of Blindness and subsequents seer", cet album est une perle.
Encore un coup implacable de la part des Empereurs, et pas le dernier!
Hail Emperor