Je sais déjà ce que certains vont dire en lisant cette chronique : « ouais mais
Muse ce n’est pas un groupe de metal, c’est juste un pauvre groupe de rock ! ». Eh bien non chers amis,
Muse ce n’est pas juste un groupe de rock, c’est LE groupe de rock à écouter d’urgence et voilà pourquoi.
Tout d’abord, il faut savoir que le combo du Devon n’en est pas à son premier fait d’arme : en effet,
Muse est né en 1994, année prolixe en sorties d’albums dans le vaste domaine de la sombre musique (
In the nightside eclipse d’Emperor ou
Orchid d’Opeth). Et puis Muse c’est aussi quatre albums sorti à ce jour. Autant dire que le trio composé de Matthew Bellamy (chanteur-guitariste-claviériste-compositeur), Christopher Wolstenholme (bassiste-choriste-guitariste) et Dominic Howard (batteur) n’en est pas à ses balbutiements et propose toujours de nouvelles choses, comme en atteste cette nouvelle offrande à l’énigmatique nom de
Black holes and revelations. Intéressons-nous donc à présent à son contenu.
Pour commencer, penchons-nous sur la jaquette de ce skeud : une contrée rougeoyante (planète mars ?) où on retrouve quatre hommes autour d’une table, vêtues d’accoutrements bizarres. Cette jaquette laisse planer moultes interrogations. L’artwork quant à lui est absolument magnifique, composé bien sur des paroles des chansons et d’images représentant souvent le ciel : absolument magnifique. Et maintenant place au but ultime de cette chronique : la musique.
On démarre avec
Take a bow, chanson ultra expérimentale dans laquelle Bellamy propose une ligne de clavier façon 80’s répétitive, entêtante mais efficace à souhait et supplée par la superbe ligne basse de Wolstenholme qui cherche surtout à mettre des effets ici. L’arrivée de la batterie donne de l’ampleur à cette chanson et le final est absolument excellent, surtout grâce à la magnifique voix du chanteur. Une excellente piste.
Le deuxième titre n’est autre que le premier tube de ce skeud,
Starlight : ici, on note surtout l’omniprésence de la basse qui imprime la rythmique et la mélodie tandis que Bellamy jongle entre jolie ligne de piano et arpège de guitare alors que Howard nous propose un rythme de batterie épuré, simple, conventionnel mais sacrément efficace. A découvrir absolument.
Troisième extrait, troisième ambiance avec
Supermassive black hole, second tube de l’album :
Ici, un son mat et brouillon domine la chanson dans laquelle on retiendra avant tout le jeu entre guitare et basse et le chant de Bellamy ponctué de petits cris perçants qui vous rappelleront peut-être quelques groupes de metal. Une chanson pour tous les amoureux de rock metal.
Le quatrième morceau,
Map of the problematique, est absolument fabuleux : ici préparez-vous à effectuer un double voyage à la fois dans les 80’s et dans l’espace. Les nappes de clavier sont ici omniprésentes bien accompagné par une basse rutilante et qui balance un max. La guitare est peu présente dans cette chanson mais ce n’est pas grave car il faut avant tout se plonger dans le jeu de Howard, un jeu comme j’en ai rarement entendu par le passé : en effet tout y passe ici que ce soit la caisse claire, les toms ou les cymbales. Je n’ai qu’un mot à dire Whoa !
Le cinquième fait office d’interlude :
Soldier’s poem est l’occasion d’un joli jeu de voix entre guitariste et bassiste accompagné par un bel arpège de guitare et par le jeu de balais de Howard. Une chanson sympathique mais pas nécessaire.
La track n°6 est le troisième tube issu de l’album : il s’agit de
Invincible, un titre excellent dans lequel les effets de guitare prévalent. La batterie assène un rythme ultra militaire tandis que le bassiste nous gratifie d’une bien belle ligne. Il faut surtout retenir de cette chanson le chant de Bellamy et les solos de piano et de guitare absolument hallucinants. Du grand art pour une magnifique chanson.
Le septième titre va faire plaisir à tous les amoureux du metal puisque
assassin déchire comme rarement Muse l’a fait. Les trois musiciens semblent se déchaîner ici, en atteste la parfaite symbiose guitare-basse dont les riffs sont massifs et élégants. Une chanson excellente taillée pour la scène. A découvrir immédiatement.
Exo-politics est un morceau sympathique mais peu novateur, sorte de second interlude avant un final éblouissant. On en retiendra principalement la prestation vocale du sieur Bellamy.
Je tiens d’ores et déjà à vous prévenir que les trois derniers morceaux étant mes préférés, il faut m’excuser si éventuellement je fais preuve de subjectivisme.
Et voilà, on y est, le voici le grand titre de ce skeud,
City of delusion : la recette est simple, prenez une guitare, une basse, une batterie, des violons et quelques cuivres et faites les jouer et vous obtiendrez une chanson absolument énormissime où ambiances western et hispanique semblent se mélanger à merveille. Un titre que je qualifierai de rock opéra et qui pourrait faire penser aux travaux de
Diablo swing orchestra. Du grand art, du grand
Muse, bref une réussite dans laquelle le solo de trompette n’y est peut-être pas pour rien. La claque de cette galette.
Le dixième titre,
Hoodoo, est quant à lui beaucoup plus calme : ici on revient à la simplicité, exit les cuivres et les cordes, faites place à la guitare, au piano et à la mélancolie. Un titre excellent dans laquelle l’émotion fait mouche, aidée surtout par une nappe de piano qui peut faire penser au registre classique, mais surtout grâce à la voix éblouissante de Matthew Bellamy qui n’est pas sans rappeler la magnifique interprétation du
Dream brother du regretté
Jeff Buckley.
Quel autre meilleur titre de fin que ce
Knights of cydonia : ici pas de chichis, on se retrouve plonger dans un scénario burlesque aux confins du démentiel. Accrochez vos ceintures car on part pour un voyage intersidéral ! Nouvelle offrande opéra-rock où l’ombre d’Ennio Morricone semble planer. Vous l’aurez compris, il s’agit d’une musique de western et quoi de mieux que cela pour interpréter la jaquette de ce skeud. Une chanson aux relents épiques qui vient magnifiquement clôturer cet album d’une durée d’environ 50 minutes. Un travail éblouissant de la part des anglais !
Site myspace du groupe :
www.myspace.com/muse
Chansons à écouter absolument:
take a bow,
map of the problematique,
city of delusion,
assassin,
invincible
Chansons apparentées au metal:
supermassive black hole,
assassin
Chansons définissant le mieux l’ambiance de cet album :
hoodoo,
city of delusion,
map of the problematique,
knights of cydonia,
invicible
PS : j’espère que cette chronique vous aura fait changer d’avis car comme on dit il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis !