Doit-on considérer Anteus comme mort ? C’est en tout cas ce que laisse penser Aosoth, projet du maitre de cérémonie MkM. Depuis le split avec Temple Of Baal, MkM aura su prouver sa productivité, mais bien plus au sein d’Aosoth que d’Anteus, et aujourd’hui, le troisième véritable album de ce projet de terreur auditive voit le jour, portant le sobre nom de III.
Avec Ashes Of
Angel, paru il y a 2 ans déjà, Aosoth a développé son style en enfonçant le clou sur les aspects industriels de sa musique.
Mais pour autant, le côté Black a toujours été très marqué. Avec ce nouvel opus, le groupe confirme son orientation musicale très froide et presque martiale.
Aborym, Mysticum sont des noms qui viennent facilement à l’esprit quand on parle de Black Indus, mais Aosoth se démarque encore de ces groupes d’une manière étrange. Avec sa production hypermoderne et taillée dans la roche, on a quand même des ambiances occultes et totalement glauques qui se dégagent de titres comme II par exemple. Et comme si ça ne suffisait pas, on a également droit à des passages complétement chaotiques, des avalanches de riffs anticosmiques à couper le souffle. Le plus dur sera sans doute de pénétrer dans l’univers si particulier des français. Parce qu’avec cet épais mur de ténèbres, beaucoup feront demi-tour dès les premières notes. Mais quand on arrive à se frayer un chemin dans tout ce terrorisme auditif, la musique d’Aosoth dévoilera ses plus délicieux secrets pour nous, amateurs de bizarreries en tout genre et d’ambiances morbides. Parce qu’en parlant d’ambiance, Aosoth n’est pas seulement une usine à chaos. L’équipe à MkM sait aussi ralentir le tempo pour poser des atmosphères bien lourdes et étouffantes, le genre de trucs qui fait suffoquer au point d’avoir la sensation d’en crever.
Accompagné de son fidèle serviteur BST (
Balrog, The Order Of Appolyon,
Aborted, etc.) et de INRVI (son compagnon au sein de VI), MkM a su s’entourer de musiciens impressionnants pour faire de ce III l’album le plus abouti d’Aosoth. Si l’éponyme semblait se chercher encore un peu, Ashes Of
Angel avait montré la forte identité du groupe. Ce troisième opus sera celui qui confirme la présence d’Aosoth au sein des groupes phares de la scène française. Grâce à une parfaite maitrise musicale, une alternance entre passages dévastateurs et éléments plus ambiancés, Aosoth arrive à un équilibre qui donnera à son disque toutes les clés d’un album riche et pertinent. On regrettera par moment que les riffs écrasants et lourds le soient un peu trop, ne laissant pas trop la place pour respirer et laissant ainsi une légère place à l’ennui. Mais après plusieurs écoutes, on s’habitue à l’univers malsain et décadent engendré par Aosoth, et les ténèbres alentours prennent une dimension salvatrice ! Et renforcées par ce chant tantôt Black tantôt plus Death, ces mystérieuses volutes spectrales transcendent le côté rampant et inquiétant de l’album.
Plongé dans le monde effrayant du Black aux relents industriels, ce nouvel opus d’Aosoth s’impose comme un disque incontournable de l’œuvre de MkM. III montre aussi la nouvelle puissance de la France en matière de Black Metal. Après des groupes comme BlackLodge, Neo Inferno 262, N.K.V.D., Wolok ou Diapsiquir, peut-être le Black Indus devient-il la nouvelle marque de fabrique de la scène française ?