Certains projets musicaux ne sont pas facilement assimilable. Des oeuvres aussi peu accessibles ne sont pas forcément agréables tant elles donnent l'impression d'être réservée à une élite pseudo intellectuelle du metal qui se masturbera de ravissement là où le commun de la communauté se contentera de s'ennuyer copieusement.
Dream Fool Disease navigue dans des eaux troubles qui risquent fortement de noyer une partie du public.
Parce que ce groupe n'est pas forcément très simple d'accès. Il faut s'habituer à cette lenteur ponctuée de solos foudroyants, à cette voix entre le caverneux et le simplement saturé. Ce n'est pas vraiment doom, ni sludge. Du death ? encore moins. Ce n'est pas du heavy metal non plus, ni même une forme quelconque de techno thrash à la
Coroner. Dream Fool Disease fait du metal et ce genre est tellement riche qu'à la première écoute, on peut être déçu de la voie explorée par les cinq musiciens.
Comme cela a déjà été mentionné, l'ensemble est relativement lent. Il ne faut pas s'attendre à de la rapidité à tout va dans les riffs, ponctués par une rythmique énorme, rythmique qui évite l'écueil du blast-beat inutile. Dream Fool Disease ne les emploie pas dans les parties narratives, ils ne s'entendraient pas avec le chant de
Mat, un chant grave parfois à la limite du guttural. En revanche, ils viennent se greffer aux solos de guitares, fluides et rapides. Les blast-beats prennent alors une saveur particulière, donnant une impression de duel entre les six cordes et la rythmique pure. Une utilisation intelligente des gimmicks les plus brutaux qui ne viennent pas polluer des parties qui n'en ont pas besoin.
La musique de Dream Fool Disease est à l'instar de cette pochette : froide et clinique. Regardez bien cette illustration, ce lit solitaire dans un décor figé et d'apparence vétuste. Le genre de spectacle qui représente la désolation intérieure, celle de l'esprit ou du corps. Du coup, cette démo prend des aspects introspectifs. Avec en point d'orgue, un 3rd Eye glauque et malsain, composition angoissante et écrasante.
Avec ce groupe, on ne navigue pas franchement en terrain connu. On attend la baffe, mais elle ne vient pas, Dream Fool Disease préfère nettement jouer avec nos nerfs, ce qui est bien plus efficace que de filer des torgnolles à la chaîne. La brutalité tue la brutalité semblent nous dire les musiciens. Mais n'ayez craintes, si vous aimez les sensations fortes, cette démo est suffisamment abrasive pour filer des coliques au public de
Tokio Hotel. On pourra juste reprocher un côté par trop répétitif dans le style, mais il convient de saluer le travail accompli ici.