La vallée des ruines.
Je vous plante le décor. Assis sur le capot d'une vieille américaine des années soixante, vous voici face à un coucher de soleil, seul, au beau milieu de nulle part. Muni d'une simple guitare acoustique, Erik Moggridge berce de son chant un moment paisible qui vous aère littéralement l'esprit.
C'est à peu près les images qui me viennent en tête à l'écoute de Valleys of the Earth, le premier opus d'Aerial Ruin, qui n'est autre qu'un nouveau projet d'Erik, également membre d'Epidemic, Old Grandad et Drift of a Curse.
Supporté par le petit label Vendlus Records, Aerial Ruin dévoile son monde à travers onze pistes qui mettent en avant l'inspiration folk acoustique du gaillard.
L'opus se lance en toute retenue, sur les sons d'une guitare acoustique qui fera un bon bout de chemin sur Valleys of the Earth. Le chant d'Erik retentit alors, offrant une musique, qui, en laissant très peu de place aux arrangements, se veut intimiste, voire brut de chez brut. En ce sens, les vocaux profitent d'une grande place pour évoluer, c'en est d'ailleurs l'un des éléments clés de la recette d'Aerial Ruin.
Pourtant, Erik Moggridge ne possède pas une voix si extraordinaire, mais il parvient, par la finesse de son placement, à la mettre en valeur, comme en témoigne "Genesis"...
L'auditeur poursuit la visite singulière de cette vallée terrienne, toujours supportée par ce duo guitare-chant. Si Aerial Ruin clame haut et fort son appartenance au style folk acoustique, c'est avant tout pour justifier les ambiances présentées ici. Tantôt mélancoliques (sur le début de l'opus avec "Amends", "Lonely of Need"), tantôt plus expérimentales, notamment en fin d'album ("Stnemarcas"), les compositions revêtent différents atours qui offrent une profondeur intéressante. On ne peut pas dire qu'Erik Moggridge n'ait pas fait preuve d'originalité ici, c'est certain!
Pourtant, Valleys of the Earth souffre de quelques maux. Une trop grande monotonie d'abord: les morceaux se suivent, se ressemblent, et perdent en impact. Bien sûr, avec si peu d'arrangements et d'instruments, difficile d'offrir une musique variée. Et c'est bien là le problème. N'aurait-il pas été plus judicieux d'équiper sa musique de percussions, ou d'un simple clavier, qui aurait donné aux compositions une dimension plus prenante?
Autre soucis: le visuel. A l'heure du téléchargement frénétique, pourquoi prendre un risque considérable en proposant un artwork aussi pauvre et un logo de mauvais goût? Vous me direz, c'est la musique qui prime et heureusement...
Au final, Valleys of the Earth est un album étrange, qui mérite une petite écoute. Je dis petite car ce n'est pas le genre d'opus qu'on s'envoie en boucle pendant des heures, disons plutôt que nous tenons-là une parfaite bande-son pour se laisser divaguer dans nos songes...
Si le visuel est à revoir, la musique d'Aerial Ruin possède quelques bonnes idées, sublimées par le duo guitare-voix d'Erik Moggridge. La quasi-absence d'arrangements, choix délibéré du groupe, appuie le côté intimiste des pistes, et promet une plus grande immersion dans ce monde si singulier.
Les amoureux de spleen seront servis!