En l'espace de trois ans,
Paradise Lost est sorti d'une chrysalide pour devenir un papillon. Du death doom des débuts, le groupe a su évoluer, faisant peau neuve sur chaque album. Mais la mélancolie est toujours là, prenant le pas sur la lourdeur des rythmiques et sur la puissance des guitares. Du death, il n'en reste plus que quelques soupçons, dans la voix de
Nick Holmes. Une voix envoutante, plaisante malgré sa rudesse. Imaginez
James Hetfield avec une tessiture plus grave et désespéré. Imaginez-le ensuite chantant dans un un endroit qui formerait une cloche et qui assourdirait le tout et vous pourrez vous faire une idée de ce que représente le chant de Holmes.
On ne peut plus vraiment parler de doom ici. Certes, on retrouve un ensemble assez lent, qui sait se faire lourd quand il le faut, mais les ambiances diffèrent. C'est tragiquement beau, sombrement sobre.
Greg Mackintosh vient livrer des soli à fleur de peau, lui qui n'aime pas cet exercice. Ils sont courts, précis, incroyablement mélodieux. A côté de lui,
Aaron Aedy assure des riffs tour à tour planant, mélancolique, ou plus appuyés. On avait déjà eu un aperçu de cette évolution sur le bon
Shades Of God, mais pouvait-on réellement s'attendre à pareil joyau ? Les notes gothiques se font plus présentes, comme cette voix féminine qui vient dialoguer avec Holmes, ce clavier tristement beau qui vient clore le disque. On se retrouve au milieu d'une onde de mélancolie et on se laisse couler, pour se noyer avec Paradise Lost.
Icon semble presque un nom présomptueux, surtout quand on connait la carrière de cet album et son impact sur la carrière de son géniteur. En effet, cet opus a ouvert les portes de l'international à Paradise Lost et par extension, pointera du doigt une scène anglaise en pleine ébullition. Magnifié par une production qui rend enfin justice à la musique des Anglais d'Halifax, Icon est le genre de disque qui marque une génération, qui devient par la force des choses, voire par simple logique, un album référentiel dans le style. Et pourtant, Icon n'est pas un exemple d'accessibilité. Même si Paradise Lost devient plus simple, qu'il se met un peu à nu, tout le monde n'adhèrera pas au discours, certains seront rebutés par le chant parfois caverneux.
Alors oui, il s'agit d'un petit chef d'oeuvre, puissant, mélodique et même trippant. Un disque qui fera de Paradise Lost un des grands espoirs de la scène européenne. Alors laissez-vous tenter et succombez à cette oeuvre en noir, l'un des plus grand album de metal gothique jamais sorti.