No Light But Rather Darkness Visible est le premier album de la jeune formation
Karmic Link menée de front par le claviériste
Stathis Kassios et la chanteuse
Mina G.. Ce type de duo vous rappelle
Nightwish ? Rassurez-vous, il n'en est rien, Karmic Link ne tape pas dans le registre du heavy symphonique mais se plait à explorer plusieurs voies, en gardant une identité fortement métallique au gré des dix titres qui composent ce disque. Faisons abstraction de la pochette qui ne reflète pas franchement l'ambiance générale dégagée par les chansons et allons droit au but : la musique.
Il est embêtant que Over You ouvre le bal. Avec son introduction très pop, ce morceau vire rapidement dans un style de sous-
Evanescence, calibré pour passer sur les ondes. C'est d'autant plus gênant que cela peut donner une idée fausse quant aux capacités de Karmic Link qui mine de rien, évolue à un registre bien supérieur que celui des Américains. On s'en rend compte dès Sickness et sa guitare abrasive. La belle Mina G. chante bien, elle ne recherche pas les artifices vocaux. Elle reste en adéquation avec le propos du groupe. Un groupe qui alterne les compositions, entre hits potentiels (Still Here, Paralized, Foreign Land...), ballades intimistes (Destination) et instrumentaux (Devil's Dance, le title track) sans toujours arriver à se renouveler.
Karmic Link ne se prend pas la tête et se fait plaisir. Clavier bavard mais jamais au détriment de la guitare, rythmiques endiablées, chant cristallin, la bande à Stathis est bien en place et semble déjà bien rodée. Gothique, certes, mais pas porté sur le suicide, la trahison conjugale, ou la dépravation libertine, le groupe fait également ressurgir ses origines méditerranéennes sur des passages fougueux, ensoleillés, comme sur Devil's Dance, où l'on a affaire à une espèce de sirtaki passé à la moulinette metal sur lequel l'ex
Sonata Arctica Jani Liimatainen vient se fendre d'un bon solo. On navigue donc entre l'ombre et la lumière, une obscurité jamais propice à la dépression, une clarté menacée par l'orage.
Tour à tour profond ou dansant, Karmic Link s'échappe, et se perd un peu parfois. L'ensemble n'est pas toujours très cohérent, on sent que le claviériste aime la musique dans le sens large. Même si on l'entend beaucoup, il n'est pas despotique pour autant et sait se mettre en retrait pour que le reste du groupe nous en mette plein la vue. Ou plutôt, plein les oreilles. No Light But Rather Darkness est un très bon premier album, sans être vraiment original. En évitant les pièges propres du genre (passages symphoniques, voix masculine proche du guttural, ambiance par trop éthérée... Le groupe se positionne comme un grand espoir de cette scène. On se laisse facilement entraîner par la voix fragile de Mina G., on se surprend à taper du pied, puis l'instant suivant, à planer doucement. A découvrir !