Asylum
Queen, combo formé par des potes de lycée, débarque avec le premier EP de sa jeune carrière. Le groupe s’est dirigé vers un style musical assez en vogue ces dernières années : le deathcore. Il serait réducteur d’abaisser la formation à ce titre, mais il faut bien avouer que tous les codes du style sont à peu près tous présent dans ce « Hopeless ».
Avec une pochette largement influencée par Suicide Silence et consorts, l’EP contient des titres tels que « Destroy Your Name » ou « AK-47 ». A l'image du titre, le morceau contient une rythmique martiale hâchée et des parties frénétiques jouées sans concession. La jeune formation tient la route, les musiciens savent jouer ensemble, la musique sait se faire écouter, sans être pour autant tout à fait fluide puisque l’on ressent une certaine hésitation dans l’exercice.
La batterie semble se positionner en retrait par rapport aux guitares, problème d’une production cheap et bon marché sans âme, ni fond. L’un des éléments les plus importants d’un groupe affaibli : nous avons cette étrange impression que les guitares jouent sous un fond de samples électroniques. Du côté du chant, la variation imposée – growl cochonou et voix hardcore – laisse, elle-aussi, perplexe vu la qualité présentée.
Quand un groupe français se forme, une question importante s’impose : Oui ou non pour le chant en anglais ? Asylum
Queen s’est sans doute dit que cela semblait plus convenu (ou plus cool?), sans se demander s’il y avait un intérêt à cela. Le groupe aurait mieux fait de fournir de bons textes en français que de s’entêter à chanter en anglais niveau 6e. Les paroles de « Love Song » sont flagrantes d’immaturité, avec son final scandant « Suck my dick bitch ». En voyant ça (ou plutôt en l’entendant), on comprend le raz le bol du public français pour un deathcore clairement formaté dans l'Hexagone. Un avenir incertain ou plutôt réservé à une élite incomprise.
Pour faire court, « Hopeless » appartient à une catégorie stigmatisée et pour cause. Asylum
Queen n’obtient que le prestige d’avoir sorti une copie identique à ces centaines de groupes sans inspiration. Musicalement, le tout est indigeste et laisse l’auditeur dans une stupéfaction ahurissante. Pour l’avenir, la formation devrait revoir ses plans et songer à une reconversion ou tout simplement cesser ce jeu en disant au revoir à la musique.