Au début des années 80, Alice Cooper était au plus bas, et celà s'est ressenti dans sa musique (
Dada). Après avoir vaincu ses démons, il ne lui restait plus qu'à revenir au top musicalement.
La pochette du disque est là pour nous rassurer: fini les expérimentations, Alice est là, avec son boa, en pleine forme. Et en effet, dès les premières notes du disque, on comprend qu'on a affaire à un Cooper complètement refait. Les guitares hurlent d'entrée. Car le père du shok-rock a sû s'entourer, avec notament un certain
Kip Winger (
Winger) à la basse et surtout, Kane Roberts à la guitare (avec son physique à la Rambo et sa fameuse guitare en forme de mitraillette) qui co-écrira tout l'album. Dès le départ, le concept était mis en place: la tournée s'intulerai "The nightmare returns featuring no ballads", donc, il fallait un album fonceur. Et c'est bien simple, on peut ici parler de heavy metal, tel qu'il se pratiquait à l'époque (1986). On a parfois l'impression d'entendre le
Judas Priest de
Turbo en un peu plus incisif ("Give it up" ou le solo de "Life and death..."). Si la guitare se taille la part du lion (l'excellent "The world needs guts" et ses parties en tapping), Alice Cooper ne renie pas son passé et sait se montrer inquiétant ("Life and death of the party"). Le travail de composition est excellent, car la plupart des refrains restent instantanément en tête, 3 ans avant
Trash (et sans Desmond Child). Les claviers de "Trick bag" (avec ses pré-refrains très Alice Cooper et son refrain plus gentillet) peuvent rappeler le
ZZ Top d'
Eliminator ou d'
Afterburner. Si "Crawlin'", malgré quelques bonnes idées, n'est pas une chanson impérissable, celle qui marquera le moins les esprits est sans doute "Simple disobedience", qui s'avère un peu plus faible que le reste du disque. "The great american success story" est encore une réussite avec son refrain imparable ("Baaaaack to school...", après nous avoir chanté pendant des années "School's out", fallait oser). Constrictor se termine par une chanson à part: "He's back" a été composée pour la BO du film "Vendredi 13" 6ème du nom. Chanson à part, car bourrée de claviers (à noter un cours solo de guitare très inspiré, tout de même). Et pourtant, cette ultime chanson est une vraie réussite, très entrainante, la plus commerciale aussi, mais c'est ce qui fait qu'on ne l'oublie pas (elle sera n°1 en Suède). Malgré son coté "à part", il s'agit vraiment d'un hit en puissance.
La performance vocale d'Alice sur ce disque est impeccable, sa voix est claire et nette. L'homme revit et ça s'entend. Son style se marie à merveille avec les guitares très heavy 80s de Kane Roberts. On peut dire que ça fait vraiment plaisir de l'entendre en si bonne forme après des années au plus bas.
Constrictor est donc un disque rassurant pour les fans, mais il est aussi là pour faire découvrir Alice Cooper à une nouvelle génération de fans de metal. C'est un disque solide qui s'enfile d'une traite (il ne dure que 36 minutes) avec plaisir. Les moments les plus faibles ("Simple disobedience", "Crawlin'") ne sont pas catastrophiques non plus et sont vites oubliés grâce aux refrains imparables des chansons qui suivent. Un album plutôt orienté heavy-metal (un style inhabituel pour Alice), mais assez fun grâce à ses mélodies qui vous restent immédiatement en tête, et sur lequel la patte Alice Cooper est tout de même indéniablement présente. Un joli tour de force, un bien beau retour.