Alice Cooper en aura mis du temps à sortir cet album. En effet, il était à l'origine annoncé pour l'été 2007, mais la composition comme l'enregistrement ont pris du retard, Vincent Furnier s'évadant du studio pour donner des concerts exceptionnels de temps à autres. Mais là où les fans avaient l'eau à la bouche, c'était quand l'annonce fut faîte comme quoi Along Came A Spider serait un concept album.
Et ici, le concept est relativement simple. Un tueur en série fasciné par les arachnides se fait appeler The Spider et dans son délire morbide, il se met en tête de tuer huit personnes et à chaque fois de couper une jambe. Il lui en faut huit, quatre droites, quatre gauches, pour former une araignée. Mais il y a un hic. L'assassin tombe amoureux de sa dernière victime. Une histoire vieille comme le monde.
C'est donc avec la bave aux lèvres et le scalpel à la main que l'on attendait ce nouvel opus. Derrière, la victime non consentante était prête à se faire réduire en charpie. Malheureusement, le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur des espérances placées en ce disque. Difficile me diriez vous quand on compte dans sa série d'albums cultes des productions comme
Welcome To My Nightmare (1975) et
The Last Temptation (1994). Pourtant ça commence bien. Une voix féminine nous annonce que le journal intime du tueur a été trouvé et que le contenu explique tout. A partir de là, on rentre de plein pied dans l'histoire, chantée par Cooper. Un riff de guitare qui peut faire songer à du Nirvana et on se retrouve face à des couplets chant/batterie ponctués par quelques notes de gratte, avec des refrains explosifs, chargés de menaces. Ambiance lourde confirmée sur Vengeance Is Mine sur laquelle
Slash vient placer un très bon solo. L'histoire est bien lancée, mais ça finit par vite s'essouffler. Ambiance très '70, assez peu de surprises en définitive, certains morceaux passent totalement inaperçus, d'autres sont sauvés par un refrain accrocheur (Catch Me If You Can). Et ce dernier point est contrebalancé par des choeurs trop répétitifs, que l'on a l'impression d'avoir entendu tout le long du disque (I'm Hungry...).
Le manque de surprises devient rapidement rédhibitoire avec cet album qui reste sympathique à écouter. La ballade Killed By Love semble avoir été jouée sur tous les opus d'Alice Cooper tant elle parait familière (et qui permet de se rappeler que Vincent Furnier sait également chanter avec une voix claire des plus agréables). Un autre morceau qui ne fera pas illusion. Il faut dire, l'ensemble est relativement linéaire et ne rentre dans le mémorable qu'à de trop rares occasions. Un refrain que l'on se surprend à chanter à-tue-tête de ci de là, des choeurs bien foutus à certains endroits, puis le final, I Am The Spider/Epilogue et son twist narratif prévisible mais qui ouvre de nombreuses perspectives.
Along Came A Spider aurait pu être une tuerie, mais il se contentera d'être un pétard mouillé. Alice Cooper pense de trop à Welcome To My Nightmare, en oubliant que ce disque est sorti il y a plus de trente ans et que pas mal de choses ont changé depuis. Pas désagréable mais trop monotone pour marquer durablement les esprits, ce vingt cinquième album n'en sera que "un de plus" et c'en est presque rageant. A découvrir sur scène où le spectacle doit prendre toute son ampleur. Avec la version studio, il ne nous reste que notre imagination.