Un an après la sortie de l'excellent
Who Dares Wins, les frenchies de
Dyslesia donnent naissance à ce Years Of Secret, produit cette fois-ci par
Peter De Wint. Musicalement, le groupe s'affiche dans une certaine continuité, on retrouve de nombreux éléments qui ont fait de Who Dares Wins un album fortement recommandable : riffs rapides et inspirés (Dawn Of Insanity), mid tempos aux refrains bien agencés sous forme d'hymnes (From A Distant Shore, Years Of Secret...), un chanteur appliqué et impliqué derrière le micro malgré un petit accent bien de chez nous qui reste persistant.
Dyslesia se paye même le luxe de tenter de nouvelles expériences comme le magnifique Trades et ses chants amérindiens de toute beauté qui s'insèrent bien dans une composition qui fait la part belle à l'émotion. Entre deux titres plus rapide, Trades prend vraiment toute son ampleur et représente une belle invitation au voyage, n'ayons pas peur des mots. Autre grand moment, le jolie ballade These Days qui évite le côté gnangnan ; le groupe n'en fait pas des tonnes : des parties calmes, un refrain plus enlevé et toujours mélodique, pas de recherche mélodramatique facile et inutile. Ce Years Of Secret, décidément, se montre peut-être supérieur à son grand frère, Dyslesia ayant appris à tempérer ses ardeurs,
Thierry Lebourg ayant encore fait des progrès au chant (il suffit d'écouter le très
Edguy dans l'esprit From A Distant Shore),
Fabrice Dutour et
François Loprete se complètent de mieux en mieux aux guitares, se livrant parfois des duels fulgurants, de haute volée. Pas du solo pour un solo, même s'ils ne se montrent pas forcément bavards, que les musiciens privilégient la qualité à la quantité.
Alors, il est où le problème ? Encore une fois, ne pratiquons pas la langue de bois et allons-y franco, comme n'aiment pas se le rappeler les Espagnols : la production n'est vraiment pas au top sur cet opus. Du coup, certaines parties sont complètement noyées, il y a même parfois des parties dont le son semble bien plus faible (Spirit Of War qui prendra toute sa dimension sur scène - heureusement), ou une batterie qui ne claque pas autant que sur Who Dares Wins. Des petits défauts qui enlèvent un peu du plaisir de l'écoute et qui peuvent se révéler rédhibitoires pour la conquête de l'Europe, une Europe qui aurait très bien pu tendre ses bras à ce combo de la région Lyonnaise qui plus que jamais se présentait comme l'un des plus beau fleuron de la scène heavy metal hexagonale.
Ne crions pas au loup, ne cherchons pas à incriminer qui que ce soit, les coupables du manque de promotion dont à souffert Dyslesia se reconnaitront facilement. Mais il est frustrant de constater que le groupe a eu sa chance et qu'il ne l'a pas laissé passé, non, qu'il n'a pu que la regarder passer, impuissant. Years Of Secret est un très bon album, que justice soit faite ! Enfin, un album qui mériterait une remasterisation complète pour remettre les pendules à l'heure.